Revue : Nous Étions des Êtres Vivants – Nathalie Kuperman

Revue : Nous Étions des Êtres Vivants - Nathalie Kuperman

Titre : Nous Étions des Êtres Vivants

Auteur : Nathalie Kuperman

Editions : Folio (Gallimard)

Date de parution : 2010

Nombre de pages : 230

Quatrième de couverture : « Cela faisait maintenant une année entière que nous étions à vendre. Nous avions peur de n’intéresser personne, peur du plan social. On n’attendait le grand jour, le jour des pleurs, des adieux, et peut-être éprouvions-nous quelque plaisir à rendre poignantes, par avance, ces heures où nos vies basculaient, où nous serions tous dans le même bateau, agrippés les uns aux autres avant de nous quitter pour toujours. »

Ils étaient des êtres vivants, ils se retrouvent soudain au bord du néant social. Nathalie Kuperman fait entendre, non sans humour ni colère, leurs voix intérieures, ponctuées en basse continue par le chœur des salariés : un chant de notre époque.

Mon avis : Parmi certains romans contemporains qui tentent de plus en plus de s’ancrer dans la réalité, celui-ci pourrait remporter une palme. C’est un roman qui met en scène un certain nombre d’employés dans un situation difficile. Leur groupe, Mercandier Presse ne trouvait pas de repreneur ; il vient de trouver acheteur, mais les employés ne savent pas encore à quelle sauce ils vont être mangés. Nathalie Kuperman a construit son roman d’une façon très originale. Le récit est découpé selon différents points de vue, de quelques employés, qui parlent de leurs tracas de leur vie quotidienne, leurs petites névroses, le père à mettre en maison de retraite, le divorce qui vient d’être prononcé… Mais tous doivent garder la face s’ils veulent garder leurs emplois. Le point de vue du « Chœur » témoigne aussi de tous les bruits de couloir, des inquiétudes que tous partagent autour de la machine à café. Tout le monde est sur la sellette, les dirigeants jouent aux chaises musicales et personne ne sait comment tout cela va bien se terminer.

Je ne connaissais absolument pas Nathalie Kuperman et j’ai tout de suite accroché à son écriture. Elle est fluide, rapide et puissante. Dès le début du livre s’installe une sorte de malaise. L’alternance des points de vue fait que le lecteur est pris à parti de tous les côtés et ne sait plus quoi penser. Elle permet aussi de réhabiliter la personnalité de ces trop nombreux personnages qui ne sont vus que comme un groupe, ou des numéros que l’on gardera ou ne gardera pas – dans l’intérêt de l’entreprise toujours. J’avais lâché ce roman pendant quelques semaines, sans doute parce que le thème – très ancré dans la réalité – me semblait trop déprimant pour le moment, mais aussi en raison de certaines longueurs. Néanmoins, j’ai beaucoup apprécié ma lecture, notamment du fait de sa construction. Plus on avance et plus l’étau se referme et finalement on devient incrédule, comme tous les employés qui attendent que l’on décide de leur sort.

C’est sans aucun doute un roman qui devrait toucher beaucoup de monde, notamment ceux qui ressentent une pression folle dans le milieu de l’entreprise. Il m’a bien évidemment fait penser aux Heures Souterraines de Delphine de Vigan, dans un autre style. Quoi qu’il en soit, c’était une bonne lecture, peut-être pas agréable et rafraîchissante, mais qui fait réfléchir et ne laisse pas indifférent.

2 commentaires sur “Revue : Nous Étions des Êtres Vivants – Nathalie Kuperman

  1. Ma belle, tes articles apparaissent dans mon fil wordpress, c’est bon !!! 😀 Et plus je passe du temps sur ton nouveau blog, plus je l’aime et je me dis que je devrais faire comme toi et acheter mon domaine, je suis jalouse ^^ il est trop beau 🙂

    1. Great ! C’est vrai ? Je suis trop contente ! Tu sais comment ça se fait ou absolument pas ?

      Je te comprends… Je bavais sur d’autres blogs aussi avant de sauter le pas (surtout sur celui de ulostcontrol, je ne sais pas si tu la connais)

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