Revue : L’étrange Histoire de Benjamin Button – Francis Scott Fitzgerald

Revue : L'étrange Histoire de Benjamin Button - Francis Scott Fitzgerald

Titre : L’étrange Histoire de Benjamin Button (suivi de La Lie du Bonheur)

Auteur : Francis Scott Fitzgerald

Editions : Gallimard – collection Folio 2€

Date de parution : 2008 (1ère parution : 1967)

Nombre de pages : 103

Quatrième de couverture : Dès sa naissance, loin d’être un beau poupon joufflu, Benjamin Button ressemble à un vieillard voûté et barbu ! Ses parents découvrent peu à peu qu’il rajeunit chaque jour : de vieillard il devient un homme mûr, un jeune homme, un enfant… Bénédiction ou malédiction ?

Sous la fantaisie et la légèreté perce une ironie désenchantée qui place Fitzgerald au rang des plus grands écrivains américains.

Mon avis : Je connaissais l’histoire de Benjamin Button pour avoir vu le film éponyme (avec Brad Pitt), et même si je savais qu’un livre existait, je ne m’étais jamais vraiment penchée sur la question. J’ai découvert il y a quelques mois seulement que c’était nul autre que Fitzgerald qui avait écrit ce livre, qu’il était disponible dans la collection Folio 2€… Du coup il a tout de suite atterri dans ma wishlist, et je l’ai pris en librairie il y a peu de temps. Ce livre très court est composé de deux nouvelles, que je compte traiter séparément : L’étrange Histoire de Benjamin Button, et La Lie du Bonheur.

Vous devez certainement connaître l’histoire de Benjamin Button, mais si elle vous est encore étrangère, la voici : Benjamin Button n’est pas un petit garçon normal. A sa naissance, il est déjà très grand, vieux et barbu, et à mesure qu’il grandit (en âge), il ne va cesser de rajeunir. L’histoire est pour le moins originale… mais pour ceux qui ont vu le film, sachez que le livre n’a tout simplement rien à voir. Déjà, il s’agit d’une nouvelle d’à peine soixante pages, tout va donc très vite, surtout qu’il s’agit de raconter la vie entière d’un personnage. Et concernant les histoires qui vont lui arriver…je n’ai rien trouvé de similaire par rapport au film. Mais cela ne m’a absolument pas gênée, au contraire. C’était tout simplement autre chose. On retrace quelques anecdotes de la vie de Benjamin : le fait que son père ne sache pas comment l’habiller, ne veuille pas le montrer, son mariage, lorsqu’il se fait refuser de l’université parce qu’on le trouve trop âgé…Tout va très très vite, si bien qu’on arrive rapidement à sa mort…en bébé. J’ai beaucoup aimé cette nouvelle même si elle était un peu trop courte à mon goût. L’histoire est géniale, mais on en profite finalement assez peu, du fait de la rapidité de l’action. Néanmoins, l’écriture de Fitzgerald est superbe, et ça compense complètement :

« Vous avez exactement l’âge romantique, continuait-elle. Cinquante ans. A vingt-cinq, on est trop superficiel ; à trente, c’est la pâleur du surmenage ; quarante, c’est l’époque des longs récits qui prennent le temps d’un cigare entier ; soixante, c’est…Bah soixante, c’est trop près soixante-dix ; mais cinquante, c’est mûr à point. Cinquante ans, j’adore.

Cinquante ans parurent à Benjamin l’âge idéal ; il regretta passionnément de ne pas avoir cinquante ans. »

La deuxième nouvelle, La Lie du Bonheur, m’était totalement inconnue. C’est là encore une nouvelle très brève, d’à peine quarante pages. C’est l’histoire de deux jeunes couples ; Jeffrey et Roxane, Harry et Kitty. Ils sont jeunes, ils sont heureux, ils ont un tas de projets. Ils veulent une maison, une vie à deux, des enfants, des pièces à décorer, et redécorer, vivre d’amour le plus longtemps possible. Mais Fitzgerald nous offre ici une vision assez désenchantée de l’amour justement, puisque cette situation ne dure pas, et plonge les deux couples dans une vie cauchemardesque. Cette nouvelle au ton apparent de légèreté montre en réalité une intense souffrance, et le caractère éphémère du bonheur. En somme, je l’ai trouvée assez défaitiste, même si je l’ai bien aimée. J’ai vu beaucoup de critiques négatives à propos de cette nouvelle, et cela peut se comprendre : elle laisse un goût assez amer après la lecture.

Quoi qu’il en soit, j’ai bien aimé ma lecture, courte mais sympathique, qui m’a permis de découvrir un peu plus l’univers de Fitzgerald, et de connaître enfin la véritable histoire de Benjamin Button !

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