Revue : Les Heures Souterraines – Delphine de Vigan

Revue : Les Heures Souterraines - Delphine de Vigan

Titre : Les Heures Souterraines

Auteur : Delphine de Vigan

Editions : Le Livre de Poche (1ère parution : JC Lattès)

Date de parution : 2009

Nombre de pages : 249

Quatrième de couverture : Mathilde et Thibault ne se connaissent pas. Au coeur d’une ville sans cesse en mouvement, ils ne sont que deux silhouettes parmi des millions. Deux silhouettes qui pourraient se rencontrer, se percuter, ou seulement se croiser. Un jour de mai. Les Heures Souterraines, qui fut finaliste pour le Prix Goncourt, est un roman vibrant sur les violences invisibles d’un monde privé de douceur, où l’on risque de se perdre, sans aucun bruit.

Mon avis : C’est le quatrième roman de Delphine de Vigan que je lis, et j’avais très hâte de le commencer. Je l’avais trouvé avec Les Jolis Garçons en occasion chez Gibert Jeune mi-mars, et évidemment je m’étais sentie obligée de le prendre. En même temps, comment résister à l’appel de livres déjà dans la wish-list à moins de quatre euros ? Je n’ai finalement pu le lire qu’il y a quelques jours, et je l’ai dévoré en un après-midi. Les Heures Souterraines, c’est donc l’histoire de deux personnes, à Paris. Ce livre retrace peut-être même plus l’histoire des habitants de Paris que des personnages en eux-mêmes. On suit tout d’abord Mathilde, jeune femme, maman de trois garçons, qui accomplit tout les jours le même chemin dans les transports en commun (ligne 9, puis ligne 1, puis RER D…) pour aller à son travail. Elle appartient au monde de l’entreprise, qui pour Delphine de Vigan (comme elle le dit dans une interview organisée par Hachette autour du livre) est le monde de l’abus de pouvoir. En effet, Mathilde, depuis plusieurs mois, est mise à l’écart, silencieusement. Elle accuse des violences muettes, qui tous les jours la rejettent. Mais un jour c’en est trop. En parallèle, on suit également le personnage de Thibault, jeune médecin pour les Urgences de Paris. Il voulait être chirurgien, mais son rêve n’était plus réalisable. Alors tous les jours, il sillonne la capitale en voiture, et va à la rencontre de personnes malades, de tous types, comme de personnes âgées qui prétextent une maladie pour recevoir une quelconque visite.

Ce livre, c’est donc l’histoire de deux fourmis dans une énorme cité, qui avancent à leur rythme, et qui souffrent en silence. C’est un livre sur les maux de la ville, silencieux. La ville est le lieu de l’adversité, de la communauté, et pourtant. On se rend compte à travers ce roman que si tout le monde est entouré, beaucoup de gens se sentent véritablement seuls. J’ai énormément apprécié le ton adopté dans ce livre, notamment parce que, comme à son habitude, Delphine de Vigan parvient à créer des personnages complexes. Ce n’est pas un procès de Paris qui est fait ici, bien au contraire. On s’attache juste à montrer des revers de la ville, et les douleurs sourdes qu’elle peut entraîner. Ce livre, un peu comme Jours sans Faim, m’a énormément bouleversée. Sur l’instant, je me sentais juste complètement absorbée par le récit, je ne pouvais m’arrêter. En terminant ma lecture, j’étais satisfaite, mais je ne savais pas trop comment la considérer. C’est en y repensant quelques jours plus tard que je me suis rendue compte qu’il s’agissait là encore d’un coup de coeur.

Je suis très contente en ce moment car j’enchaîne les coups de coeur, mais à chaque fois pour des raisons différentes. Une chose est sûre, ce livre rentre dans la catégorie pour son aspect poignant et pour l’incroyable regard qu’il nous offre sur un milieu, ici la ville.

Une jolie citation pour finir, comme souvent :

« Mais les gens désespérés ne se rencontrent pas. Ou peut-être au cinéma. Dans la vraie vie, ils se croisent, s’effleurent, se percutent. Et souvent se repoussent, comme les pôles identiques de deux aimants. Il y a longtemps qu’elle le sait. »

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