Revue : La Solitude des Nombres Premiers – Paolo Giordano

Revue : La Solitude des Nombres Premiers - Paolo Giordano

Titre : La Solitude des Nombres Premiers

Auteur : Paolo Giordano

Editions : Seuil

Date de parution : Mars 2009

Nombre de pages : 329

Quatrième de couverture : Les nombres premiers ne sont divisibles que par 1 et par eux-mêmes ; soupçonneux et solitaires, certains possèdent cependant un jumeau dont ils ne sont séparés que par un nombre pair. Mattia, jeune surdoué, passionné de mathématiques, en est persuadé : il compte parmi ces nombres, et Alice, dont il fait la connaissance au lycée, ne peut être que sa jumelle. Même passé douloureux, même solitude à la fois voulue et subie, même difficulté à réduire la distance qui les isole des autres. De l’adolescence à l’âge adulte, leurs existences ne cesseront de se croiser, de s’effleurer et de s’éloigner dans l’effort d’effacer les obstacles qui les séparent. Paolo Giordano scrute avec une troublante précision les sentiments de ses personnages qui peinent à grandir et à trouver leur place dans la vie. Ces adolescents à la fois violents et fragiles, durs et tendres, brillants et désespérés continueront longtemps à nous habiter.

Mon avis : Ce livre m’avait interpellée en bibliothèque il y a quelques semaines par son titre. J’avais très envie d’en savoir plus.

C’est l’histoire de Mattia et d’Alice. Ils sont enfants ; un accident dans leur vie va les changer à tout jamais. Physiquement peut-être, mais surtout mentalement. Ils ne seront plus désormais que des êtres vivants à qui il manque quelque chose, quelque chose de perdu à tout jamais. Ce sont des êtres solitaires, qui grandissent à leur façon. Plus matures que les autres parfois, condamnés à rester enfants pour l’éternité souvent. Ce livre retrace leur chemin, leur rencontre, leurs multiples séparations et retrouvailles. Leurs vies respectives, tout simplement.

J’ai beaucoup aimé l’idée de ce livre, et l’écriture. Paolo Giordano a une écriture superbe – et la traductrice s’est sans doute vraiment bien débrouillée pour recréer l’atmosphère si particulière qu’a ce livre. On y rencontre des personnages complexes, qui, si ils semblent vides et creux, sont en fait submergés par les émotions. Ils sont vides de mots et semblent invisibles, car un jour la réalité les a rattrapés, et ils ont désormais en eux un traumatisme qui ne peut être guéri. Ce sont des personnages fragiles, sur le fil, tout au long de leur vie. Et alors que l’on tourne les pages, on a le cœur serré, quitte à se sentir parfois même oppressé.

J’aime en général beaucoup ce genre de lectures, où j’ai le sentiment de ressentir les émotions (aussi horribles soient-elles) d’un personnage. Mais là, j’avoue que mon avis est un peu mitigé. Autant le principe de l’histoire est « superbe », l’écriture magique, et les personnages on ne peut plus prenants, j’avoue que le tout a un peu traîné en longueur, ou du moins, la fin m’a lassée. J’ai ressenti comme le besoin de m’écarter du mal-être de ces personnages finalement, comme pour me protéger. Quitte à feindre l’indifférence dans les dernières pages, ce qui est assez dommage.

En définitif, ce livre était une bonne lecture, que je conseillerais à des lecteurs qui ont le cœur bien accroché, et qui préfèrent parfois une belle écriture et beaucoup de sentiments à de l’action pure. Si vous faîtes partie de la seconde catégorie, passez votre chemin : vous risqueriez de ne pas l’apprécier à sa juste valeur et de vraiment vous ennuyer.

Quelques citations pour finir :

« Ils vivaient la lente et invisible compénétration de leurs univers, tels deux astres qui gravitent autour d’un axe commun, dans des orbites de plus en plus étroites, et dont le destin évident consiste à coalescer quelque part dans l’espace et le temps. »

« Alice pensa à la chambre de ses parents. Elle pensa qu’elle ressemblait à la leur, elle pensa que toutes les chambres du monde se ressemblaient. Elle se demanda ce qu’elle craignait – perdre Fabio ou perdre toutes ces choses : les rideaux, les tableaux, le tapis, la sécurité repliée avec soin dans les tiroirs. »

9 commentaires sur “Revue : La Solitude des Nombres Premiers – Paolo Giordano

  1. C’est un livre que j’ai lu il y a plusieurs années. J’en garde un bon souvenirs ! Après c’est vrai que ce n’est pas un livre riche en rebondissement, c’est plus le genre de bouquin où il faut se poser pour apprécier la beauté des phrases. Une très belle lecture en tout cas ! 🙂

  2. Ce livre ne fait pas non plus partie de mes lectures prioritaires mais je l’ai en italien chez moi (mon père l’avait reçu en cadeau d’un de ses amis) et j’aimerais bien voir si je suis capable de lire un roman entier en italien x)

    PS: j’ai terminé il y a quelques jours The Mystery of the Clockwork Sparrow ! Je n’ai pas encore réfléchi à ma chronique écrite.. Penses-tu le lire prochainement de ton côté ? 🙂

    1. Je vais voir, j’avoue être débordée niveau lecture en fait, j’ai énormément de boulot !

      En tout cas je te souhaite de lire celui-ci, car l’écriture est superbe, et du coup elle doit être encore plus belle en italien !

      1. Ce n’est pas du tout grave alors ^^ Profite plutôt de tes lectures en cours, prends le temps de les savourer ! Je pense publier sur mon blog un court avis de lecture sur ce roman.

  3. J’ai lu ce livre il y a plusieurs années, et j’en garde un très bon souvenir.
    Mais c’est vrai que je me souviens également beaucoup de ce mal-être chez les personnages, très dur par moment..

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