Revue : Acide Sulfurique – Amélie Nothomb

Revue : Acide Sulfurique - Amélie Nothomb

Titre : Acide Sulfurique

Auteur : Amélie Nothomb

Editions : Le Livre de Poche (1ère parution : Albin Michel)

Date de parution : 2005

Nombre de pages : 213

Quatrième de couverture : « Vint le moment où la souffrance des autres ne leur suffit plus : il leur en fallut le spectacle. »

Mon avis : J’ai donc emprunté ce livre il y a moins d’une semaine en bibliothèque, et je l’ai littéralement dévoré en à peine une soirée. Tout d’abord, je souhaitais revenir sur la couverture, que je trouve absolument superbe. Mais comme d’habitude, c’est question de goût.

De manière générale, j’aime beaucoup ce qu’écrit Amélie Nothomb, aussi j’avais emprunté ce livre là sans même me souvenir de si je l’avais lu ou non. Acide Sulfurique, c’est l’histoire d’un jeu de télé-réalité comme on en invente aujourd’hui, sous le nom de « Concentration ». Evidemment, ce jeu n’est pas sans rappeler les camps de concentration de la Seconde Guerre Mondiale. Des personnes ont été capturées, et transformées en captifs de ce camp, prisonniers, et ne sont plus désignés que par un matricule. C’est le cas de Pannonique, jeune femme qui se fait enlever au Jardin des Plantes et devient CKZ 114. Les prisonniers sont surveillés d’une part par les kapos, autres jeunes gens qui ont été embauchés pour gérer et faire du mal aux prisonniers, comme Zdena. C’est une jeune femme un peu simple, qui ne prend pas mesure de ce dans quoi elle s’engage. Au début, elle est juste contente d’incarner une figure du pouvoir dans le camp et d’être médiatisée. Mais les prisonniers (comme les kapos), sont surveillés par une toute autre instance, sans doute plus passive, mais pas moins puissante : les téléspectateurs.

« On les débarqua dans un camp semblable à ceux pas si anciens des déportations nazies, à une notoire exception près : des caméras de surveillance étaient installées partout. »

Comme dans les camps nazis, on affaiblit les prisonniers, et les plus faibles sont envoyés à la mort. L’audience ne cesse de grimper au fur et à mesure qu’avance l’émission. Ce livre, qui raconte une histoire à la fois surréaliste et sordide, permet pourtant de se poser des questions simples : qui est le plus violent ici ? Le kapo ou le public ? Qui entraîne toute cette violence ? Pourquoi regarder cette émission ?

Personnellement, ce n’est pas un livre qui m’a laissée de marbre, loin de là. Il fait beaucoup réfléchir alors que l’histoire est racontée sur un ton assez « léger ». J’ai beaucoup aimé le concept du jeu télévisé qui part aussi loin, mais qui fait finalement réfléchir sur tout jeu de télé-réalité. (Si déjà on sait que le premier jeu de télé-réalité s’appelait Big Brother et était inspiré de 1984, je trouve que ça fait peur.) La narratrice s’est attardée sur peu de personnages, mais en à peine 200 pages, elle leur donne une réelle consistance, et surtout une grande complexité. Pannonique et Zdena ne sont pas si simples que ce que l’on peut penser en commençant sa lecture…

Je suis très contente d’avoir pu finir mes lectures du mois d’avril sur ce livre, et il m’a donné envie de très vite redécouvrir l’auteure !

3 commentaires sur “Revue : Acide Sulfurique – Amélie Nothomb

  1. J’ai lu ce livre il y a quelques années déjà, quand j’étais au lycée, et il m’a beaucoup marquée. J’y pense assez souvent, notamment quand apparaît un nouveau concept de téléréalité un peu sordide. Et je suis tout à fait d’accord avec toi quand tu dis que l’une des choses les plus intéressantes dans ce livre est la question du pouvoir accordé au spectateur (sans trop en révéler sur l’histoire, il est très intéressant de voir le nombre de spectateurs augmenter au fur et à mesure qu’augmente l’horreur de l’émission et de voir les attitudes des uns et des autres changer).
    Ton bel article m’a donné envie de relire ce livre. J’essaierai de remettre la main dessus bientôt. 😉

    1. J’espère pour toi que tu le retrouveras ! En le lisant je me disais aussi qu’on devrait le donner à lire, peut-être à des collégiens ou à des lycéens, d’une parce que l’histoire est loin d’être ennuyeuse, je pense qu’elle parlerait à plus d’un, et elle fait sacrément réfléchir !

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