Quatre murs et un toit – Camille Anseaume

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Quatre murs et un toit de Camille Anseaume sonnait comme un coup de cœur prévu d’avance : j’avais adoré les deux romans précédents de l’auteur, qui sont aujourd’hui en position de choix dans ma bibliothèque. J’attendais donc son dernier roman comme la finale de Koh-Lanta ou mes vacances d’été (c’est dire). Quand j’ai reçu un exemplaire dédicacé directement dans ma boîte aux lettres, forcément, je n’ai pas trop caché ma joie. Et puis, quand même, j’ai fini par le lire. Et évidemment, j’ai aimé !

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Lorsqu’elle apprend que ses parents veulent vendre la maison de son enfance, Camille s’y installe pendant une semaine. Pièce par pièce, elle fait jaillir ses souvenirs, entre les manies de sa mère, les blagues de son père, les amis de son frère dont elle était amoureuse, et les chamailleries entre sœurs.

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Il y a ces livres qui tombent au bon moment. Quatre murs et un toit en fait partie. En un peu plus d’une centaine de pages, Camille Anseaume fait le tour de son enfance en faisant le portrait de celle qui l’a vue grandir : sa maison. En déambulant pièce par pièce sur le même format que Christophe Boltanski dans La Cache (l’aspect « grande Histoire » en moins), l’auteur parvient à lier différents souvenirs qui ont jalonné sa vie et revient sur différentes histoires de famille qui ont toujours plus de valeur qu’on ne le croit.

Quitter la maison des parents, c’est un peu quitter l’enfance ; lorsqu’on y revient, on se sent presque invité, quoi qu’encore un peu chez soi. A travers les objets, les odeurs et les meubles d’une maison désormais vide, Camille Anseaume nous raconte ses parents, ses frères et sœurs, ses déboires d’adolescente, ses repas à table toujours animés, ses chagrins, premières soirées, engueulades et légères crises de nerfs. Ce portrait est on ne peut plus intime et pourtant, on s’attache aux personnages et aux anecdotes, qui nous rappellent tout de suite un peu les nôtres.

« Il faut une trace pour se souvenir. Je voudrais tout photographier, les détails, les recoins, les traces de doigts et la marque au crayon de nos tailles sur les murs. Mais on n’immortalise pas les odeurs, le claquement des portes ni le craquement des marches sous nos pieds. En revanche, on peut tout écrire, et je veux le faire avant d’oublier. Alors mon prochain livre, celui sur lequel je travaille depuis des mois, attendra. »

Quatre murs et un toit de Camille Anseaume est un roman qui m’a d’emblée beaucoup touchée ; peut-être parce que justement, comme elle le montre si bien, la maison de notre enfance ne se résume pas à quatre murs et un toit et que c’est bien plus ; c’est un endroit empli de souvenirs qui n’a rien de neutre. Et le quitter n’a rien d’anodin non plus.

Peut-être que désacraliser cette maison, en faire justement une simple maison comme les autres serait grandir. Je n’en suis pas convaincue. Je pense justement que c’est le genre d’endroit et de chose dont on fait le deuil malgré soi. Merci Camille, tu m’aideras donc à faire le deuil moi aussi de cette maison qui tient encore debout malgré les années, aux nombreux étages et au papier peint qui se décolle dans les coins.

« Quand il y a des choses à remonter, on les met en bas de l’escalier. « Enbasdelescalier », c’est comme « alléedelaprimevère », c’est devenu un mot à lui tout seul, qui désigne le lieu où on pose le bazar à ranger. Petits, on se fait régulièrement engueuler : « Ça doit faire trois semaines que ce truc est enbasdelescalier, et pas une seule fois tu n’as pensé à le remonter ! » Ça me fait doucement rire, maintenant que l’on n’habite plus ici. Il m’arrive de venir deux fois à quatre mois d’intervalle, et de retrouver exactement les mêmes choses enbasdelescalier. »

Quatre murs et un toit est une parenthèse de douceur et de nostalgie au milieu de l’ouragan de l’âge adulte, une déclaration d’amour à la famille et aux souvenirs d’enfance. Un roman plein de douceur et de mélancolie qui fait forcément sourire et qui émeut, un peu.

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Quatre murs et un toit - Camille Anseaume

Quatre murs et un toit ; Camille Anseaume

Éditions Calmann-Lévy

28 février 2018

160 pages

8 commentaires sur “Quatre murs et un toit – Camille Anseaume

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