Quatre lettres d’amour – Niall Williams

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Quatre lettres d’amour de Niall Williams ; voilà un titre qui semblait plus que propice en ce mois de février où les amoureux sont mis à l’honneur ! Je me suis plongée avec joie dans ce roman irlandais tout juste réédité par Héloïse d’Ormesson dont l’atmosphère colle parfaitement avec la saison froide.

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Lorsque j’avais douze ans, Dieu a parlé à mon père pour la première fois. Il ne lui a pas dit grand-chose. Il lui a enjoint de se faire peintre et, sur ce, il a repris son siège parmi les anges, pour observer, entre les nuages au-dessus de la ville grise, ce qui allait se passer.

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Paris est officiellement sous la neige, et cela ne me donne qu’une seule envie : être chez moi blottie sous ma couette et profiter du calme (essayons de voir un avantage au fait que les voitures ne roulent pas !). Si vous rêvez à présent de la même chose ou que vous avez le même projet pour votre fin de semaine, une chose est sûre : ce roman sera le parfait compagnon pour votre hibernation.

Si vous aimez les grandes bourrasques de vent, le bruit des vagues et îles un peu perdues avec un charme fou, Quatre lettres d’amour saura sans aucun doute vous séduire. Il vous transporte en un rien de temps aux confins de l’Irlande, là où les maîtres d’école boivent du whisky dès neuf heures du matin, et où dire qu’il va pleuvoir aujourd’hui relève de l’évidence plus que de la devinette hasardeuse.

Mais attention : si dans ce roman on parle bel et bien d’amour, les quatre lettres dont il est question n’arrivent qu’à la toute fin de l’histoire, ce qui m’a un peu destabilisée. Bien plus qu’une romance en langue gaélique, Niall Williams signe un roman pour le moins fantasque, mélancolique parfois où le divin et le merveilleux occupent une place de maître. Certains passages sonnent comme des réminiscences de Rimbaud ou Nerval – manque de bol pour moi, j’ai Nerval en horreur.

« Il y a des choses qui ne se prêtent pas à être racontées. Mon père le savait, je crois, il savait que les mots parfois aplatissent les émotions les plus profondes, les épinglent, papillons dont le vol splendide s’engourdit et qui ne seront plus désormais que le lointain souvenir de ce qui naguère colorait l’air et le faisait palpiter comme de la soie. »

J’ai quand même beaucoup apprécié ce texte – et je souligne par là le travail de traduction remarquable – mais j’ai refermé ce conte irlandais avec un peu d’amertume. Car finalement, Quatre lettres d’amour semble être avant tout une belle fable, bien écrite, mais qui sonne un peu creux. Les personnages nous semblent toujours un peu étrangers et on suit leur destin sans forcément les comprendre.

Quatre lettres d’amour de Niall Williams est donc un beau roman irlandais d’ambiance, qui plaira aux amoureux d’histoires tranquilles en cet hiver. S’il m’a un peu laissée sur ma fin, j’ai quand même été particulièrement sensible à la beauté du texte et au cadre – qui donne sans aucun doute envie d’aller mettre les pieds sur les petites îles du nord !

Quatre lettres d'amour - Niall Williams

Quatre lettres d’amour ; Niall Williams

Éditions Héloïse d’Ormesson

25 janvier 2018

391 pages

4 commentaires sur “Quatre lettres d’amour – Niall Williams

  1. « Certains passages sonnent comme des réminiscences de Rimbaud ou Nerval  »
    Bien que Nerval ne soit pas ta tasse de thé, c’est le genre d’argument avec Rimbaud qui pourrait me précipiter sur ce titre.

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