Parfaite – Caroline Kepnes

Parfaite - Caroline Kepnes

Parfaite (You) ; Caroline Kepnes

Kero

9 avril 2015

485 pages

Quatrième de couverture : Est-ce de l’amour ? De l’obsession ? Glissez-vous dans la peau d’un psychopathe pour qui la différence entre les deux est si infime… Lorsque Beck pousse la porte de sa librairie, Joe est immédiatement sous le charme. Ravissante, effrontée, sexy, elle est tout simplement tout ce qu’il cherche chez une femme. Et quand Joe aime, c’est d’un amour total, inconditionnel. Obsessionnel. Dangereux ? Il commence par infiltrer la vie de Beck par tous les moyens. Il se procure accès à ses mails, la suit virtuellement sur les réseaux sociaux et physiquement dans les rues de New York. Comme il sait tout d’elle, il devance ses moindres désirs. Il est sensible, romantique, toujours au bon moment au bon endroit. Mais si Beck ignore l’ampleur de l’obsession de son nouveau petit ami, Joe ne connaît pas non plus toutes les facettes de sa proie…

Mon avis : Déjà, admirons cette splendide couverture, sans laquelle je n’aurais sans doute pas ouvert ce bouquin. C’était la remarque superficielle du jour, mais elle a quand même son intérêt. Très honnêtement, avec une couverture pareille, je n’avais qu’une envie : me lancer à corps perdu dans ce thriller psychologique qui s’annonçait original et prenant.

De ce point de vue là, mes impressions étaient bonnes. Parfaite est un thriller pas comme les autres, puisqu’il tourne principalement autour d’une histoire d’amour (qui aura ou n’aura pas lieu, on ne sait pas). A  ce propos, autant être clair tout de suite : si vous détestez ces histoires interminables où les gens se tournent autour, si les scènes de sexe dans les livres vous rebutent complètement, laissez tomber. Vous risquez d’être très, très déçus. Et ça n’est évidemment pas le but.

Joe est un libraire new-yorkais un brin psychopathe sur les bords. Lorsque Beck rentre dans sa librairie, il a le coup de foudre, mais pas dans le genre niaiseux au possible. C’est plutôt une sorte de rage sourde qui le prend, une excitation folle qui le pousse à vouloir tout connaître d’elle, maîtriser sa vie pour qu’ils finissent ensemble. Parce que Joe, au-delà d’être un grand malade un brin caustique, est aussi totalement fleur bleue. C’est qu’il pense déjà mariage, le Joe. Mais il n’est pas au bout de ses surprises, dans la mesure où Beck est insupportable, insaisissable, et ses fréquentations à son image. Qu’à cela ne tienne, Joe fera tout ce qu’il peut, et le lecteur va le suivre dans cette quête pour le moins originale, celle d’une proie new-yorkaise bien peu farouche, accro à Twitter et à son coussin vert sur lequel elle se masturbe dix fois par jour (on vous avait prévenus…).

« J’ai l’impression de ne pas être à ma place. Trop de garçons dans la pièce ont couché avec toi. Je le sais parce qu’ils te regardent comme un restaurant dans lequel ils auraient déjà dîné. » p.141

J’avais ouvert ce livre en librairie il y a quelques temps – notamment parce que j’avais vu qu’il avait été traduit par Camille de Peretti et vous savez combien j’aime l’auteur – et la première chose qui m’avait attirée était l’écriture de l’auteur. Rapide, rythmée, jeune (vive les hashtags partout), presque vulgaire parfois. Le narrateur (Joe) est un peu un gros rageux et il s’adresse du début à la fin du roman à sa proie, Beck. J’ai apprécié ce choix de narration, un peu risqué, très original, qui fonctionne très bien ici. C’est prenant, Joe est incroyablement énervé contre le monde, et ça en devient drôle. (Enfin, pour moi c’était drôle.)

« Tu ris, tu rougis, je vis. Tu t’étires et tu portes ton soutien-gorge rouge, un débardeur blanc, ton jean des jeudis et ta petite culotte en coton rose. Tes bras attrapent le ciel et tu décroises les jambes, puis tu t’allonges et poses ta petite tête sur le ciment. J’ai envie de toi, ici, sur ces marches, à cette heure inappropriée. Nous le ferions devant ces fils de pute qui te matent, devant le rasta qui vend ses bracelets, devant les pétasses qui rentrent chez elles lire Docteur Sleep sur leur iPad. » p.107

Je me suis vraiment laissée porter par ce roman totalement hybride, entre thriller et romance, mais totalement déjanté. La psychologie des personnes est très bien décrite, Joe aurait presque l’air sain d’esprit, et Beck à côté de la plaque (en même temps elle l’est un peu quand même). L’auteur nous offre aussi une critique très drôle des riches new-yorkais, entre leur addiction à Twitter et au jus de kale vegan sans gluten sans paraben sans amoniaque sans goût sans rien. Elle se moque de ces étudiants et de leurs discussions souvent stériles, pseudo-intellectuelles, mais aussi de ces lecteurs de Stephen King, que Joe ne supporte pas, et de plein d’autres choses qui font l’Amérique. C’est parfois légèrement cruel, mais bien tourné, et toujours terriblement caustique.

« Nous faisons la queue dans des putains de sur-place-ou-à-emporter avec tous ces gens qui bossent de neuf heures du matin à cinq heures du soir, lisent Stephen King sur leur iPad et attendent leur tour pour bouffer leur putain de salade verte frigide avec leurs graines germées et leurs oignons (rouges ? blancs ? grillés ? crus ?) Putain les mecs c’est de la SALADE c’est pas le concours d’entrée à Harvard ! » p.194

Mon seul regret concerne sans doute les longueurs au sein de ce livre – il y en avait vraiment trop sur la fin et j’ai un peu décroché. Si le début de l’histoire était vraiment prenant, il y a eu un moment où j’ai eu envie de claquer Joe et de claquer Beck et de les jeter dans l’Hudson River.

Néanmoins, cela reste une belle découverte et un thriller/romance fort sympathique, qui m’a parfois un peu agacée, mais surtout fait sourire. Disponible aux éditions Kero et chez Pocket depuis mars 2016 !

8 commentaires sur “Parfaite – Caroline Kepnes

    1. C’est un peu ça. Je ne m’y attendais pas vraiment, mais c’est pas le genre de fin spectaculaire non plus en fait. Disons que je ne m’étais pas trop posé la question de la fin bizarrement

    1. Ah oui ? Non mais j’en ai discuté avec des collègues aujourd’hui, et certains m’ont dit détester, alors que d’autres ont adoré !

    1. Oui, je te comprends totalement ! Ceci dit tu peux toujours lire les premières pages, elles sont facilement trouvables sur internet… C’est ce qui m’a donné envie de lire la suite !

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