La Symphonie du Hasard – Douglas Kennedy

La Symphonie du Hasard de Douglas Kennedy

Roman américain par excellence, La Symphonie du Hasard de Douglas Kennedy est le premier tome d’une série fleuve sur une famille où le silence est un véritable culte. Je me suis plongée un peu par hasard dans ce roman tout juste sorti en poche et j’ai été agréablement surprise :

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Toutes les familles sont des sociétés secrètes. Des royaumes d’intrigues et de guerres intestines, gouvernés par leurs propres lois, leurs propres normes, leurs limites et leurs frontières, à l’extérieur desquelles toutes ces règles paraissent souvent insensées.
Comme chaque semaine, Alice Burns, éditrice new-yorkaise, s’apprête à rendre visite à son jeune frère Adam. Jadis jeune loup de Wall Street en pleine ascension, ce dernier croupit désormais en prison. Mais cette rencontre hebdomadaire va prendre un tour inattendu. Bien décidé à soulager sa conscience, Adam révèle un secret qui pourrait bien venir rompre les derniers liens qui unissent encore leur famille. Et Alice de replonger dans l’histoire des siens, celle d’un clan à l’image de l’Amérique : volontaire, ambitieux, assoiffé de réussite, souvent attaqué, blessé parfois, en butte à ses propres démons, mais inlassablement en quête de rachat…

Premier volume d’une fresque à l’ampleur inédite, La Symphonie du hasard marque le grand retour de Douglas Kennedy. Dans le bouillonnement social, culturel et politique des sixties-seventies, de New York à Dublin, en passant par l’Amérique latine, un roman-fleuve, porté par un souffle puissant.

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Je ne connaissais Douglas Kennedy que de nom. Ou je voyais vaguement son visage, ou plutôt ses lunettes. Je m’en faisais l’image de l’auteur américain pur sang, avec son blouson de cuir et son verre de bourbon, racontant des histoires sur l’Amérique mythique, rêvée, et celle des désillusions. Il faut croire que je n’étais pas si loin de la réalité.

La Symphonie du Hasard de Douglas Kennedy est le début d’une grande fresque comme seuls les Américains savent les réaliser. Sans ambages, avec ce qu’il faut de personnages taiseux et complexes, dans des paysages tantôt très animés tantôt déserts qui vous passent l’envie de critiquer nos grandes villes comme nos régions plus enclavées.

Le roman débute à New York, à une heure trop peu avancée pour s’attaquer à une bouteille de whisky. Une éditrice quitte son bureau pour la banlieue lointaine, comme chaque semaine, et rejoint l’un des établissements pénitentiaires de l’Etat. Elle y retrouve son frère, comme chaque semaine. Ce jour-là, les langues se délient, et fait rare, il lui fait une drôle de révélation qui la laisse interdite. Il faut dire que chez les Burns, les révélations ne sont pas les bienvenues. Tout le monde se tait, même s’il sait ce qui taraude les autres dans le plus grand secret. Alors que le frère soulage sa conscience, Alice au contraire sent la sienne sombrer. Elle se replonge dans ses années d’adolescence et d’étudiante, où elle a compris que les clans et différentes classes sociales ne se mélangent jamais vraiment.

« On pense souvent que notre nation soutient l’individualisme acharné, mais, en réalité, la plupart d’entre nous lui préfèrent la tranquillité du conformisme. Cet instinct grégaire a un prix : on limite nos perspectives, on dresse certaines barrières. Mais l’avantage, c’est que cela nous donne le sentiment d’être accepté. Voilà pourquoi l’appartenance à un groupe est si tentante. Même ceux qui proclament : « Je n’ai pas besoin de vos bandes, de l’approbation de vos cliques, ni de faire partie de votre petit club », même ceux-là, viscéralement attachés à leur condition de loups solitaires, s’avouent parfois dans un élan de lucidité que chacun, à sa manière, n’a qu’un rêve : se sentir appartenir à quelque chose. »

Véritable roman d’apprentissage, La Symphonie du Hasard de Douglas Kennedy nous transporte au cœur des campus universitaires nords-américains pendant les années 60, où l’impression de liberté culturelle et sociale n’est finalement qu’un mirage. Alice découvre qu’au sein de la haute société américaine, les vrais coupables ne sont jamais ceux que l’on croit et surtout, ils ne sont jamais condamnés pour leurs actes. Elle comprend également que les endroits les plus charmants peuvent être les plus nauséabonds et que bien qu’elle déteste sa famille, celle-ci lui aura au moins appris une chose : ne jamais faire confiance trop vite.

Douglas Kennedy signe un roman initiatique percutant qui reprend tous les thèmes que l’on aime (ou déteste) dans les romans américains : une société fragmentée, des personnages complexes et une histoire toujours prenante. Ce premier opus donne forcément envie de lire les prochains ! Et vous, avez-vous lu cette série ? 

la symphonie du hasard de douglas kennedy

La Symphonie du Hasard (Livre 1) ; Douglas Kennedy

Editions Pocket

Paru en poche le 11 octobre 2018

416 pages

6 commentaires sur “La Symphonie du Hasard – Douglas Kennedy

  1. Merci tu m’as donné envie de relire du Kennedy! J’en ai lu toute une flopée il y a plusieurs années et notamment « à la poursuite du bonheur » que j me tâte pour relire tant je l’ai aimé! Je n’aime pas en général lire deux fois le même roman car, à l’instar des voyages, je me dis que je n’aurai sans doute pas assez d’une vie pour tout découvrir…donc je préfère toujours aller vers du nouveau! Mais pour ceux et celles qui ne l’ont pas lu, je vous le recommande vivement!

    1. J’ai effectivement souvent entendu parler de ce titre mais je n’ai jamais eu l’occasion de le lire.
      Je suis contente si mon article a pu te donner envie de le rouvrir !

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