Mazie, Sainte Patronne des Fauchés et des Assoiffés – Jami Attenberg

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Mazie, sainte patronne des fauchés et des assoiffés de Jami Attenberg me faisait de l’œil depuis sa parution pour la rentrée littéraire 2016 chez Les Escales. J’ai enfin eu l’occasion de le découvrir ces derniers jours et ce fut un énorme coup de cœur !

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Personnage haut en couleur, Mazie Phillips est ouvreuse au Venice, célèbre cinéma new-yorkais. Le jazz vit son âge d’or, les idylles et la consommation d’alcool – malgré la Prohibition – vont bon train, et Mazie ne se fait jamais prier pour faire la fête. Mais derrière sa bonhomie se cache une enfance difficile, et son journal intime détient ses secrets les plus insoupçonnables. Avec l’arrivée de la Grande Dépression, la vie de Mazie va basculer. Les sans-abri affluent dans le quartier, et personne ne semble pouvoir échapper à la crise. Si elle ne les aide pas, qui le fera ? Mazie décide alors d’ouvrir les portes du Venice à ceux dans le besoin et redéfinit ainsi l’identité du quartier comme de la ville entière. Plus de quatre-vingt-dix ans passent avant que son journal intime ne soit retrouvé par un documentariste en mal de sujet. À travers sa « voix », celles de ses contemporains et du documentariste se dessine la personnalité hors du commun de celle qui deviendra sainte Mazie.

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Mazie, sainte patronne des fauchés et des assoiffés emporte directement son lecteur dans le New York des années 20 – et ça va swinger. Jami Attenberg signe un roman d’une force extrême porté par une héroïne haute en couleurs non sans rappeler les flappers des Années Folles ; Mazie, une jeune femme qui vit avec sa grande sœur Rosie et son mari. Son loisir favori (avec le fait d’amasser des flasques sous son manteau) est sans doute de leur tenir tête et de tout faire pour échapper à leur morale qu’elle juge un peu arriérée. Quand on lui impose de les aider financièrement en travaillant comme ouvreuse du cinéma qu’ils possèdent « Le Venice », elle s’y oppose farouchement. En quoi une femme aussi libre qu’elle pourrait-elle apprécier le fait d’être recluse dans une cage de verre ? Et pourtant, depuis son observatoire privilégié sur les rues de New York, elle va pouvoir admirer – ou s’insurger contre cet incroyable spectacle qui se joue tous les jours juste devant ses yeux. Quitte à vouloir absolument en faire partie, et laisser sa marque à sa façon.

« Quand un taxi dévale la rue, elle ronchonne : pourquoi si vite ? Et moi, je rayonne : où est la fête ? Voilà ce que je voudrais lui dire : il y a toujours une fête quelque part ! »

Mazie est une héroïne pleine d’entrain et de caractère à laquelle le lecteur ne peut que s’attacher. Elle est effrontée, têtue mais pleine de générosité, donne des sucettes à tous les mômes qui passent devant sa caisse pour qu’ils arrêtent de chouiner et dégage les soûlards de son cinéma sans ménagement, ce qui ne l’empêche pas d’avoir un cœur énorme. Elle tient énormément à sa famille et à ses amis, et sous sa carapace un peu bourrue se cache une femme pleine de compassion et de patience.

Jami Attenberg nous offre une fresque magnifique du New York des années 20 et 30, avec sa folie des grandeurs, ses fêtes souterraines, ses magnats de l’immobilier mais aussi ses hommes déchus et ses sans-abris qui jonchent les rues. Mazie, sainte patronne des fauchés et des assoiffés est un roman fort, un tourbillon d’émotions, une fresque historique incroyable, un roman américain comme on les aime et qu’on refuse de lâcher avant la fin. Un coup de coeur retentissant et qui laisse peu de place aux autres lectures.

Et pour les éventuels intéressés au porte-monnaie bien ruiné par les vacances, sachez qu’il sort très bientôt en version poche chez 10/18. Il n’y a donc plus aucune raison de se priver !

mazie sainte patronne des fauchés et des assoiffés

Mazie, sainte patronne des fauchés et des assoiffés ; Jami Attenberg

Les Escales

18 août 2016

389 pages

14 commentaire sur “Mazie, Sainte Patronne des Fauchés et des Assoiffés – Jami Attenberg

  1. J’avais beaucoup aimé ce roman lorsque je l’avais lu l’année dernière. Il est très humain et met en avant les laissés-pour-compte d’une société et d’un New-York assez cruel au final. Mazie nous donne une bonne leçon!

  2. Amusant car je viens de lire le billet de hop sous la couette ! sur ses envies en Poche et elle le cite !
    si un jour je le croise à la BM et que j’ai enfin du temps (un trou dans mon programme) pourquoi pas ?

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