Hope – Loulou Robert

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« Dans le ferry, je regarde Brooklyn rétrécir. Je me tourne vers Manhattan. Il est neuf heures, c’est le jour de la rentrée scolaire. Je ferme les yeux, le soleil réchauffe ma peau. Les nuages s’écartent pour laisser place au grand bleu. Il faut arrêter de regarder en arrière. Les souvenirs filent des torticolis et rendent malheureux. L’avenir est un trou noir. Il se dresse devant moi. Crève, Bianca. Rêve, Bianca. Cours, Bianca, tu vas rater ta rentrée. Le bateau arrive à quai. Je suis la dernière à le quitter. Je me perds dans la foule. Welcome to New York. »

Bianca vient de quitter la France en laissant derrière elle son mal de vivre. De New York, elle absorbe sans retenue l’énergie frénétique, se laisse entraîner par un tourbillon de rencontres, découvre l’univers du mannequinat, sa violence et sa solitude. Aux prises avec la complexité d’une ville aussi bouillonnante que ses émotions, Bianca doit apprivoiser ses fantômes et apprendre à slalomer parmi les vivants.

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Après quasiment trois semaines d’absence, il est presque indécent de revenir avec un article comme celui-ci sans explications. Je ne voulais pas faire d’aparté, mais il faut croire que j’en ferai quand même un : entre un déménagement d’Angleterre vers la France, une recherche d’appartement en région parisienne, pas mal de tracasseries administratives et des entretiens pour un poste en alternance à n’en plus finir, je n’ai pas eu beaucoup de temps pour moi. Quitte à avoir une bonne panne de lecture par-dessous tout (sinon c’est pas drôle).

Mais promis, aujourd’hui je reviens avec du bon. Histoire de me sortir de ma période zéro-lecture, j’ai fait une excursion en bonne et dûe ferme chez Gibert (Jeune puis Joseph, histoire de faire les choses bien) quelques semaines après mon retour à Paris. Forcément j’ai craqué pour quelques livres, donc Hope de Loulou Robert.

Souvenez-vous : l’été dernier je vous bassinais avec Bianca (trois ans après tout le monde mais quand même), vous disant que c’était un coup de cœur énorme, qui m’avait mise sur les fesses (toujours sur le transat bien sûr). Dans le roman éponyme, Bianca est une jeune fille de dix-sept ans internée dans l’hôpital psychiatrique de sa ville. Parce qu’elle a refusé de s’alimenter et s’est taillé les veines, on l’a confinée entre quatre murs avec d’autres adolescents dans une unité spéciale. Bianca est une adolescente incroyablement intelligente, peut-être trop, en tout cas suffisamment pour réfléchir à beaucoup de choses et en souffrir.

J’avais été littéralement fascinée par l’écriture de Loulou Robert, et comme happée par le texte. J’étais comme liée avec Bianca. Quand j’ai appris il y a quelques mois maintenant que l’auteur avait écrit Hope, comme une suite de Bianca, je me suis immédiatement mis en tête de me le procurer. Je n’avais pas eu assez de Bianca, j’en voulais encore. Et j’ai bien fait.

Hope porte ou ne porte pas si bien son nom, c’est finalement au lecteur de juger. Je suis personnellement encore indécise : trop de passages sont porteurs d’espoir comme de désillusion tout au long du roman.

Après son internement aux Primevères, Bianca débarque à New York où son père a été muté. A elle les lignes de métro au tracé incompréhensible, les vendeurs de hot-dogs et les écureuils de Central Park. Mais aussi une histoire d’amour passionnée qu’on voit d’un mauvais œil, les cafards et les agents véreux des agences de mannequinat.

C’est encore un roman très réussi que nous propose Loulou Robert. Sa plume est toujours aussi puissante, c’est une narratrice hors pair, même avec des phrases qui semblent pleines d’une naïveté incroyable. Si le sujet m’a un peu moins touchée que dans son premier roman, j’ai adoré retrouvé l’héroïne torturée qu’est Bianca. Elle a toujours un regard acéré sur le monde, sans pour autant manquer d’humour et une maturité qui donne presque le vertige.

« Je crois que c’est ça mon truc : regarder, observer, absorber . Une éponge de vies. »

Une fois encore, Loulou Robert nous offre un roman fort du point de vue d’une jeune fille inadaptée quel que soit le monde où elle met les pieds. Un livre coup de poing, mais aussi rempli d’une douceur infinie.

 hope loulou robert –

Hope ; Loulou Robert

Julliard

2 février 2017

239 pages

10 commentaire sur “Hope – Loulou Robert

  1. Bizarrement, ses romans ne m’attirent pas. En fait (et ça ne sera sûrement pas très sympa) mais la voir en interview sur les plateaux TV ne m’a franchement pas donné envie de les lire. Peut-être est-ce la timidité qui donne cette sensation qu’elle ne sait pas parler de ses livres mais toujours est-il que ça m’a un peu (beaucoup) dissuadée. Probablement à tort…

    1. C’est marrant, pour moi c’est le contraire !
      Lis quelques citations sur Babelio, tu aurais déjà une bonne impression je pense

      1. Comme quoi les impressions sont souvent différentes. J’ai lu quelques citations effectivement il y a l’air d’avoir de belles fulgurances dans ses romans. À voir ou plutôt ba lire à l’occasion.
        Ça me fait penser (je te fais un petit teasing) la semaine prochaine je vais poster une chronique d’un roman qui devrait fortement te plaire 🙂

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