Crash-Test : Le dernier Harry Potter, celui de trop ?

Crash-Test

       Il y a quasiment un an sortait enfin en Angleterre la pièce de théâtre phénomène tirée des aventures d’Harry Potter. Je crois que rarement ces dernières années une pièce de théâtre n’aura fait autant de bruit – en même temps, dès qu’il s’agit du sorcier à lunettes, on entre vite dans le livre des records. Vivant juste à côté de Londres, je ne peux que confirmer que la Potter-mania est encore plus que jamais présente.

Parce que moi aussi je suis une grosse dingue de la série, que j’ai fait mon test sur Pottermore (je suis Serdaigle btw), que j’ai attendu ma lettre et qu’elle n’est jamais venue, et que j’ai visité les studios à Watford pour me consoler, je me suis fait offrir le dernier livre de la série à Noël, avec un peu d’appréhension.

J’ai personnellement décidé de le lire en français même si je lis au quotidien en anglais, car Harry Potter fait clairement partie de mon enfance, et pour des raisons affectives, je n’ai jamais pu me résoudre à lire ses aventures dans sa langue maternelle. Ce qui ne m’empêche pas pour autant en grande collectionneuse d’acheter toutes les nouvelles éditions Bloomsbury. Breef. Première déception tout d’abord : le prix pour la qualité du bouquin. Autant dire que chez Gallimard, ils se sont pas foulés. D’accord, j’imagine que les droits du livre ont dû être exorbitants. Mais avec ce genre de livres, l’avantage, c’est qu’on sait tout de suite qu’on aura un retour direct sur investissement. Du coup, un broché grand format au papier miteux à 21€, je suis désolée, mais ça fait mal aux fesses. Je dis ça comme ça, mais le hardback (donc livre relié) en version originale anglaise est actuellement à 14€ sur Amazon. J’ai envie de dire qu’il y a comme un léger problème.

Mais l’histoire alors, ça donne quoi ?

Je ne m’attendais… à rien en ouvrant cette pièce de théâtre. Sans rien connaître du synopsis (et pourtant il n’a pas été simple de faire en sorte de ne rien savoir avec tous les articles de presse ou de blogs), j’avais tellement entendu de bonnes et de mauvaises choses sur ce livre que je n’avais pas forcément d’attentes. J’ai envie de dire tant mieux, car je serais tombée de bien haut.

On retrouve donc Harry Potter au moment même où on l’avait laissé à la fin du septième tome (si vous n’en étiez pas encore arrivés là – bande d’incultes – il est toujours temps de partir avant les spoils !), soit à la gare de King’s Cross à Londres, avec sa femme Ginny et ses trois enfants, James, Albus et Lily – niveau prénom, j’avoue qu’il n’a pas fait dans le bien original le Harry.

Si James, l’aîné, est déjà un habitué des lieux, pour Albus, c’est la première rentrée à Poudlard, de quoi rendre les parents nostalgiques. Il s’y rend avec Rose, la fille de Ron et Hermione et fait la connaissance de Scorpius, le fils de Drago Malfoy. Il faut croire que tout ce petit monde s’est franchement bien entendu pour faire des enfants en même temps. Je pousse peut-être la critique un peu loin, mais c’est déjà quelque chose qui m’a bien fait rire. Passons.

Première chose vraiment dérangeante : les dialogues. Sans blague, c’est une pièce de théâtre. Autrement dit, tout passe par les dialogues, ou presque. Mais parfois, j’avais juste envie de rire. Soit certaines phrases étaient bien mal traduites (du genre « C’est OK. Salut. »), soit elles étaient tout simplement creuses, ou tout sauf réalistes. Bref, j’ai eu l’impression de lire une fan-fiction. Or, c’est tout sauf mon truc. Et pire encore, quand c’est étiqueté J.K Rowling sur le bouquin, même si elle ne l’a pas vraiment écrit, on s’attend à mieux. C’est un peu comme l’AOC sur le saucisson en fait.

Pire encore, on dirait que l’auteur a clairement voulu faire plaisir aux lecteurs de fan-fiction. Non pas que je les déteste (je vais me faire jeter un seau d’eau à la tronche), mais jamais il ne m’était venu à l’idée de chercher si Hermione n’irait pas mieux avec Drago ou si Dumbledore/Harry ou je ne sais qui encore ne pouvait pas être gay… Je trouve que souvent avec toutes ces théories, les fans ont cherché un peu trop loin – mais il n’y a que moi que ça regarde. Or là, on dirait que justement le livre a été écrit pour créer encore plus de mystères et attiser les suspicions moisies de certains. Franchement, quand deux ados se prennent dans les bras juste après avoir parlé de leurs futures copines… Faut-il laisser planer un soupçon qui n’aurait même pas lieu d’exister ? Bref, vous sentez l’énervement qui point au bout de mon nez.

hermione don't care

Autre chose, c’est long, très long. Et pourtant, ça n’était pas si mal parti. Il faut être honnête quand même : quand il s’agit d’Harry Potter, on pourrait me raconter (presque) n’importe quoi, j’aurais quand même envie de lire les nouveaux livres. J’avais terminé il y a des années le septième tome de ses aventures quasiment en pleurs, et surtout avec un grand sentiment d’abandon. Forcément, quand on a l’occasion d’en savoir plus, on prend ! Là-dessus, j’ai été servie. J’ai été ravie de retrouver Harry, Hermione, Ron, Ginny ou le Professeur McGonagall (pour ne citer qu’eux). Je ne pourrai malheureusement pas en dire autant des nouveaux personnages, auxquels je ne me suis pas vraiment attachée.

Je ne rentrerai pas dans les détails de l’histoire, car je pense que la meilleure façon de découvrir ce livre reste de s’y plonger à l’aveugle, ou presque. Les fans seront quand même un peu surpris. Les retourneurs de temps font leur come-back et vont finalement commettre beaucoup de dégâts… Attention à l’effet papillon !

C’est prenant, ça se lit bien, même si comme je le disais il y a quand même des longueurs. Je pense effectivement qu’une pièce de théâtre ne peut jamais être pleinement jugée à moins de l’avoir vue représentée, et le texte seul en effet ne permet pas toujours une immersion complète – même si, grâce à l’univers des films, cela reste possible.

Un tome digne du reste de la série ou une pâle copie ?

Il y a quand même certaines choses qui heureusement raviront les fans de la série : tout d’abord, du point de vue des valeurs : elles sont toujours aussi présentes. Harry devient père, et il est important pour lui d’enseigner le courage et la vaillance à son fils, même s’il s’y prend de façon très maladroite. 

Pour le côté magique, là encore il y a ce qu’il faut, même si forcément, faute de descriptions au cœur de la narration, comme je le disais l’immersion est beaucoup moins évidente !

En dehors de ça, je trouve que cela reste quand même une très pâle copie de l’original, à la limite de la parodie parfois, et cela m’a un peu fait grincer des dents. Je n’y ai pas retrouvé l’écriture travaillée de J.K Rowling (mais ça, il fallait s’y attendre), ni l’humour – ici, il sonne faux – ni la petite fantaisie qu’il y avait dans les autres tomes. Compte tenu de la forme, du début à la fin on essaie de résoudre un problème, alors que les romans s’attardaient sur bien plus de petits détails.

C’est donc une bonne lecture pour les fans, un revival un peu loupé, mais qu’on apprécie quand même. A défaut de m’avoir vraiment réjouie, il m’a fait passer un bon dimanche après-midi (vu la pluie c’était pas gagné) et surtout il m’a donné envie de revoir tous les films. Pour info : nous sommes mardi, et j’ai déjà vu les deux premiers, notamment en faisant du découpage pour mes élèves. Tout est bon.

harry potter thriller

En définitif, Harry Potter est un peu comme un bon vieux pote de lycée. On est content de le retrouver des années plus tard, mais vu comment il a changé, on n’est pas si sûr de vouloir vraiment reprendre contact. A défaut, cela aura au moins ravivé de bons souvenirs !

18 commentaire sur “Crash-Test : Le dernier Harry Potter, celui de trop ?

  1. Hello! Je te remercie d’avoir visitée mon blog et laisser des commentaires ! Je te conseil fortement « Dors, la nuit va te bercer » Et « À cœur perdu ». 🙂
    Et Si « à cœur perdu » t’intéresses, Je te conseil fortement de revenir faire un tour sur mon blog vendredi pour la nouvelle chronique qui abordera le harcèlement scolaire une nouvelle fois Mais Dans un roman !
    Bisous à toi ! 🙂
    Ah ! Ton blog est Magnifique Je vais m’inscrire an la newsletter 🙂 xx

    1. Merci, c’est super gentil ! J’ai découvert ton blog sur La Nuit des Blogs (comme quoi ce truc est utile, raison de plus pour m’inscrire).
      Et oui, je reviendrai avec plaisir !

  2. Sinon concernant ton article, j’ai pas réussie an aller jusqu’au bout de Ma lecture … personnellement je me suis arrêtée à l’acte 2!
    Pourtant Harry Potter est Ma saga préférée depuis toute petite.. Mais dès le départ Je n’étais pas emballée par ce bouquin…. hmmmmm…

  3. Raah ce livre a pas mal de retours mitigés. Je l’ai en VO dans ma PAL et j’avoue que l’anglais ça me freine beaucoup ahah
    Après je ne pas lu les HP alors je sais pas trop s’il va me plaire ou pas : »)

    1. Oh zut, tu ne les as jamais lus ? Du coup effectivement je ne sais pas si c’est le top pour commencer, il y a énormément d’allusions aux romans quand même !

    1. Je te comprends. Après beaucoup de gens ont quand même aimé, mais quand tu es fan et que tu aimes l’écriture de J.K Rowling avant tout, la déception peut être grande.

  4. Comme je suis d’accord avec toi !! Tu as bien fait de ne pas lire mon avis avant, comme ça tu t’es fait le tien propre, mais si tu vas voir, tu vas malheureusement constater que nous avons beaucoup de regrets en commun…

  5. Je n’ai toujours pas osé me lancer dans cette lecture, je l’avoue. L’amie avec qui je tiens le blog l’a lu et chroniqué, mais pour ma part, ce que l’on m’en a dit ne m’a pas donné envie de l’acheter… surtout vu son prix : ce que tu dis sur la qualité de l’objet me refroidie encore plus 😀 Je pense que je l’emprunterai un de ces quatre. Je crois qu’en fait, le problème est que je n’ai pas envie qu’un livre avec marqué « Harry Potter » sur la couverture soit aussi moyen. HP fait trop partie des meilleures lectures de mon enfance pour ça 😀 Donc j’attends de surmonter ça, et je le lirai le moment venu 😀

  6. Je suis vraiment d’accord. La comparaison avec les anciens amis lycéens est très juste!
    Pour moi, le problème majeur vient du nombre incroyable d’invraisemblances. J’ai, quand même, trouvé quelques moments assez juste comme le fait que pour Albus, Poudlard ne soit pas le paradis qu’a connu Harry Potter : évidemment, ils n’ont pas la même histoire.
    On sent qu’ils ont voulu faire plaisir aux fans en retournant sur des lieux et évènements connus, mais, malheureusement ça ne fonctionne pas.

    1. C’est comme les séries de films qu’on traîne avec de trop nombreux opus… Parfois il faut savoir s’arrêter, ce livre-là en est la preuve !

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