Quand on s’y attend le moins – Chiara Moscardelli

quand on s'y attend le moins

Penelope a trente-six ans, quelques kilos en trop, une vie amoureuse désespérément inexistante, un job pas très épanouissant d’attachée de presse pour Pimpax – LA multinationale de la serviette hygiénique –, et elle est de surcroît affligée d’une maladresse quasi légendaire.
Comment se sortir de l’impasse ? En s’en remettant au dicton de sa grand-mère : « C’est quand on s’y attend le moins que l’amour vous tombe dessus. » Ou, en l’occurrence, qu’on le percute à vélo. Car le jour où elle renverse le ténébreux Alberto, lui brisant la jambe au passage, Penelope en est certaine : ils sont faits l’un pour l’autre.
Et lorsqu’elle le recroise dans les locaux de Pimpax, le doute n’est plus permis. Mais quelque chose cloche : le bellâtre se fait appeler Riccardo et semble avoir tout oublié de sa tendre assaillante. Pourquoi tant de mystères ?

N’écoutant que son courage, notre Penelope se lance dans une folle enquête à la poursuite du prince charmant fuyant et, pourquoi pas, du grand amour…

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Quand j’ai reçu ce dernier roman de chick-lit publié chez Belfond, j’avoue avoir été plutôt contente sur le moment. J’avais très envie d’une lecture légère et rien que la couverture invitait à une romance sans prise de tête. Le point positif quand on se met à lire ce type de livres, c’est que la surprise n’est pas trop au rendez-vous : il y un côté rassurant qui fait quel que soit le livre du genre, la recette est la même : c’est ce que j’appelle la recette Becky Bloomwood (aka L’Accro du Shopping pour les non-initiés). On trouve à coup sûr une héroïne entre 20 et 40 ans, souvent citadine, plutôt attachante, célibataire ou au sein d’un couple qui bat de l’aile, et qui après un nombre incalculables de gaffes va forcément trouver à la fin « l’homme de sa vie ». Et ouais, rien que ça.

Pour moi, la chick-lit, c’est le genre de romans qu’on lit : a) sous un plaid en cas de déprime, b) sur un transat au bord de la piscine. Si pour le ciel bleu et les bains de soleil actuellement on repassera, pour se consoler d’un hiver interminable, ce roman semblait parfait.

Niveau recette qui marche : on a tout. Penelope est une trentenaire milanaise célibataire qui n’a pas une vie bien palpitante. Elle qui aime écrire, elle a toujours rêvé de devenir journaliste – et au possible décrocher le Prix Pulitzer, rien que ça. Manque de bol, elle s’est plutôt retrouvée attachée de presse pour une entreprise de serviettes hygiéniques (avouez que ça ne s’invente pas), et écrit en free-lance des quiz aux questions existentielles pour un magazine féminin, du type « Suis-je plutôt vaginale ou clitoridienne ? ». Sachant que la dernière fois que j’ai ouvert un magazine Elle cet été, j’y ai trouvé un « Vrai ou Faux de la mycose vaginale » ou un reportage « Help : j’ai couché avec mon stagiaire », j’ai trouvé que cette partie-là avait quelque chose d’assez drôle (et malheureusement vraiment proche de la réalité).

Penelope parle cinq langues, a un sacré sens de l’humour, des amis attentionnés (dont un pote gay, forcément fallait quand même un peu tomber dans le cliché), mais voilà : aucun homme ne veut d’elle et c’est le drame de sa vie. Le comble pour quelqu’un qui écrit à longueur de journée des tests pour connaître « sa compatibilité sexuelle avec son partenaire ».

« J’avais grandi avec la conviction que le bonheur était déterminé exclusivement par la présence ou non d’un homme à mes côtés. Comme dans l’histoire de la pomme.
Un jour, ma grand-mère Berta en avait coupé une en deux et m’avait dit que j’étais la moitié de droite.
« Et l’autre ? lui avais-je demandé en désignant celle de gauche.
– Tu la trouveras. On la trouve quand on s’y attend le moins.
– Et si je ne la trouve pas ? »
Elle avait alors haussé les épaules et l’avait mangée. L’autre moitié, pas la mienne. J’étais donc une demi-pomme. »

Penelope est donc l’archétype de Bridget Jones, cette femme peu sûre d’elle avec quelques kilos en trop (et encore, faudrait savoir selon qui), qui ferait absolument tout pour trouver un homme et qui se retrouve au passage dans des situations totalement rocambolesques. Alors forcément, c’est drôle, très drôle même. On se demande d’où l’auteur sort autant de choses improbables et on passe un bon moment. Néanmoins, je trouve que les meilleures blagues sont aussi les plus courtes, et j’ai regretté le fait que certaines reviennent toutes les dix pages… Du genre l’obsession de la narratrice pour toutes ses collègues minces car elles mangent bio/vegan/sans gluten. Certes, ça m’a fait rire, car il suffit de regarder certaines YouTubeuses beauté pour voir les effets de cette mode « healthy ». Néanmoins, au bout d’un moment, on se demande tout simplement si :

  1. L’auteur voulait faire un trait d’humour mais c’est loupé car c’est carrément lourdingue
  2. Elle n’a un gros problème de jalousie/elle hait les végétaliens
  3. Elle n’avait juste plus du tout d’inspiration et elle s’est dit que ça passerait

En l’occurrence, chez moi c’est pas trop passé. Tout comme la blague sur les calzone de la grand-mère (on a compris qu’elles étaient bonnes, pas besoin d’en parler vingt mille fois !), ou encore sur la même grand-mère cartomancienne qui fume des joints dans les toilettes de sa fille. C’est fun d’accord, ceci dit il n’y a pas de quoi se tenir les côtes pendant vingt minutes non plus.

C’était donc un livre de chick-lit satisfaisant, sans plus. A force d’en lire j’en vois de plus en plus les défauts, et malheureusement dans celui-ci certains étaient flagrants. Pour autant, il a quand même largement rempli son « job », car il m’a fait passer un bon moment de lecture et pas mal rire. Il plaira sans aucun doute aux inconditionnels du genre. Néanmoins, il m’a surtout rappelé combien je ne dérogerai jamais à la prêtresse du genre : du Sophie Kinsella, sinon rien !

#sorrynotsorry

quand on s'y attend le moins

Quand on s’y attend le moins ; Chiara Moscardelli

Belfond

16 février 2017

320 pages

10 commentaire sur “Quand on s’y attend le moins – Chiara Moscardelli

    1. Forcément, je reste souvent critique avec les livres du genre, je trouve qu’il y a toujours quelque chose à redire, même si ce sont des lectures détente !

  1. Je ne lis pas de chick-lit mais en lisant ton billet, mon cœur criait : BRIDGET JONES ! elle a tout piqué à l’histoire, même le copain gay …
    j’adore l’adaptation ciné de Bridget, et je vais rester là-dessus.
    Après pour moi, une lecture facile, c’est un polar et j’en ai besoin aussi, c’est ma pause entre deux romans plus compliqués (je parle d’un polar à l’histoire assez simple, pas du roman noir) – ou une BD …

    1. C’est exactement Bridget Jones, tout à fait !
      Et oui je te comprends. La chick-lit c’est vraiment pas fait pour tout le monde – moi-même j’aime bien en lire de temps en temps, mais c’est vraiment occasionnel !

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