Sauveur et Fils (T2) – Marie-Aude Murail

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Sauveur et Fils – Saison 2 ; Marie-Aude Murail

L’Ecole des Loisirs

9 novembre 2016

320 pages

Au numéro 12 de la rue des Murlins, à Orléans, vit Sauveur Saint-Yves, un psychologue antillais de 40 ans, 1,90 mètre pour 80 kg. Côté jardin, il mène sa vie privée avec Lazare, son fils de neuf ans et il a quelque espoir de reconstruire une famille avec Louise Rocheteau et ses deux enfants. Côté ville, Sauveur reçoit ses patients. Parmi eux, Ella Kuypens, 13 ans, qui se travestit en garçon et chante Sans contrefaçon de Mylène Farmer, devant son miroir ; Blandine Carré, 12 ans, qui se shoote aux bonbons Haribo et fait un tabac sur YouTube avec ses vidéos de poupées Pullip ; Gabin Poupard, 17 ans, qui est Elfe de la nuit dans World of Warcraft et qui squatte le grenier de son psy dans le civil ; Samuel Cahen, 16 ans, qui ne se lave plus mais s’étonne de collectionner les râteaux avec les filles, ou encore Alex et Charlie qui, comme leurs prénoms ne l’indiquent pas, sont deux jeunes femmes souhaitant avoir ensemble un bébé… Décidément, les humains sont de drôles de gens.

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Je la sens déjà venir la petite critique intérieure là ; ENCORE un livre de Marie-Aude Murail. Tous les six mois elle nous en recolle un autre, ça vire à la manie. Faudrait tarir la source, tout simplement, faire quelque chose.

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Ne cherchez pas, ce n’est juste pas possible. Je crois que j’arrêterai de lire les romans de Marie-Aude Murail quand j’aurai des yeux de bigleuse. Et encore, j’investirai dans des audiolivres, ou que sais-je !

Ces derniers jours, j’ai eu un grand besoin de réconfort. Beaucoup de choses font que ma vie personnelle n’est pas forcément rose en ce moment – même si je reconnais qu’avec ma super situation en Angleterre, je vais pas me plaindre – mais disons que j’ai écumé quelques coups de blues. Et après m’être ruiné les ongles de mains/de pieds, avoir vu tous les épisodes en retard de Pretty Little Liars et m’être attaquée à Clem (oui oui, vous remarquerez combien ça vole bas), je me suis dit qu’il fallait que je fasse quelque chose. Je suis pas mal sortie et hier, quand j’ai vu le temps revenir au beau fixe (mais où tu mets pas un pied dehors parce que tu vas congeler sur place), je me suis dit, ayant tout l’après-midi devant moi, que c’était le moment rêvé pour commencer le dernier roman de Marie-Aude Murail, qui m’attendait sagement depuis Noël.

Voilà pour le côté contextuel dont tout le monde se fout mais qui prend encore quinze lignes. On adore.

J’avoue que j’avais un peu peur de commencer ce livre. Faut dire qu’un roman pareil, ça se savoure. Enfin je dis ça. Normalement dans le concept de savourer, y’a un peu la notion de « prendre son temps ». Disons qu’avec ces romans-là, la procrastination on oublie. Ou plutôt le contraire : on bouffe le roman en deux-trois heures (là deux après-midis en l’occurrence, parce que j’ai été sage) et on laisse de côté vaisselle, ménage et mails en retard. Allez, j’ai fait tourner des lessives. Fallait bien déculpabiliser, et lire dans une odeur de lessive, c’est tout de suite magique, ça rappelle un peu maman, c’est un must. (#sorry-maman).

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Bref, je m’éloigne, encore et encore.

Je ne vais pas faire durer le suspense bien longtemps, ce livre est un coup de cœur retentissant. Une bouffée d’air frais dans un quotidien un peu maussade, un message d’espoir qui laisse un joli sourire pendant deux-trois heures, un cookie au cœur fondant, un vrai pancake tout chaud au nutella. Et même plus, tout ça à la fois.

J’ai retrouvé Sauveur, son vrai fils (Lazare), son presque-fils-adoptif (Gabin), ses patients et son armada de hamsters avec joie. C’était une nouvelle fois une histoire pleine de tendresse, où les enfants ont tous leurs problèmes – tout comme les adultes d’ailleurs -. On a un peu l’impression que Marie-Aude Murail nous dépeint une société en crise (et c’est le cas), et pourtant rien ne semble si méchant. Car en fin de compte, à chaque problème sa solution et surtout, pas la peine d’en faire un plat. C’est la leçon que l’auteur nous enseigne finalement l’auteur grâce à Sauveur, magicien sans le savoir – et peut-être sans le faire exprès – et involontairement éleveur de hamsters. Comme d’habitude, avec ce livre, j’ai ri, j’ai souri, et j’ai (un peu) eu envie de pleurer. Et surtout : je n’ai plus pensé à rien. J’étais sous mon plaid avec tous ces personnages et je n’avais plus aucune envie de les quitter.

Le seul regret que j’ai maintenant, c’est que ce livre soit déjà terminé, et je n’en ai certainement aucun autre d’aussi formidable à me mettre sous la dent. Ou du moins, rien d’aussi réconfortant, rien d’aussi magique.

Ce roman est un petit bijou de littérature jeunesse, à mettre entre toutes les mains, y compris à celles des adultes qui se sentent totalement dépassés par la question. C’est un portrait de notre société sans concession, avec des personnages qui se cherchent, cherchent des conseils chez les YouTubeuses beauté pour les plus jeunes, et dans les livres de développement personnel pour les plus grands. Une petite bulle dorée de 300 pages, avec des cochons d’inde trop mignons sur la couverture. Autrement dit : plus aucune raison de ne pas l’acheter.

10 commentaire sur “Sauveur et Fils (T2) – Marie-Aude Murail

  1. Tout à fait d’accord avec ton article, j’ai adoré ce deuxième tome moi aussi ! Marie-Aude Murail est toujours aussi douée pour parler de la vie quotidienne et de la jeunesse.
    J’attends le trois avec impatience et j’espère qu’on aura le droit à un petit article !

    1. Fais donc !
      Et c’est typiquement le genre de livres que j’aurais adoré voir au CDI au collège – j’étais déjà raide dingue des romans de l’auteur à l’époque…

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