Youth – Paolo Sorrentino

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Youth ; Paolo Sorrentino

Albin Michel

3 novembre 2016

228 pages

Amis depuis toujours, deux vieillards se retrouvent chaque année dans un hôtel de luxe des Alpes suisses : un chef d’orchestre anglais qui a renoncé depuis longtemps à son métier et un cinéaste américain qui prépare fiévreusement son « film-testament ». Les deux hommes savent que le temps leur est compté. Après le succès de son film Youth, primé plusieurs fois aux European Film Awards, Paolo Sorrentino s’est lancé dans l’écriture de ce roman sombre et drôle qui révèle de lui une toute autre facette, et confirme que le réalisateur adulé de La Grande Bellezza est aussi l’un des grands réalisateurs européens du moment.

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Vous parler de Youth de Paolo Sorrentino, c’est tout d’abord vous parler d’un coup de cœur cinématographique comme je n’en avais pas eu depuis des années – et je n’en ai certainement pas eu à ce point-là depuis. Bon, histoire de pousser dans l’anecdote personnelle, c’est aussi le premier film que j’avais vu avec mon amoureux (of course je m’étais fait inviter, le truc génial, et je m’étais gavée de ses Pringles tout le long – histoire de bien montrer mon ingratitude dès le début). C’est un film que j’avais adoré, en tous points : parce que les acteurs sont géniaux, les images sublimes, la bande originale fantastique, et l’histoire m’était restée longtemps en mémoire. C’est une réflexion pleine d’humour sur la vie, la jeunesse, mais surtout ce que l’on laisse derrière soi.

La bande-annonce pour les curieux, et surtout parce que je ne m’en lasse pas : 

De ce fait, lorsque j’ai découvert qu’Albin Michel publiait en novembre le roman adapté du film (et non l’inverse), j’ai directement voulu l’avoir dans ma bibliothèque. Il m’attendait bien au chaud en France chez mes parents et j’ai enfin pu le découvrir il y a quelques jours.

J’ai retrouvé avec grand bonheur l’histoire du film à l’identique – l’auteur étant le réalisateur du film lui-même, il a tout simplement réécrit la même histoire, et à moins que ma mémoire me fasse défaut, tout y était ! Chose rare, si vous lisez donc ce livre avant de voir le film, vous ne risquez pas de le trouver peu fidèle…

Evidemment, je ne pouvais donc pas être vraiment déçue, dans la mesure où je suis d’ores et déjà amoureuse de cette histoire de personnages un peu riches et apathiques, qui ont pour autant un humour caustique totalement mordant. Ils sont tous artistes, et cherchent tous la reconnaissance dans leurs œuvres, même si elle ne vient pas forcément de la façon dont ils l’attendent. Et en face d’eux, la jeunesse, époustouflante, les aveugle presque. Le temps leur est compté mais ils ne tombent pas forcément dans le piège de la nostalgie. Ils vivent, plus que jamais – même si leur prostate leur fait défaut !

« Ce n’est que justice. Certaines beautés doivent être punies, pour que la vie nous soit plus supportable, à nous autres. »

Pour autant, j’avoue que ce roman m’a un peu perturbé… C’est l’une des seules fois où je dirai volontiers avoir préféré le film au livre ! Les images de Paolo Sorrentino sont tellement parlantes que ses phrases n’arriveront sans doute malheureusement jamais à les égaler. Les paysages suisses et l’accumulation de corps – jeunes, vieux, beaux, peu ragoutants – qui sont au cœur du film manquent finalement terriblement au roman. De plus, son écriture est terriblement teintée de son art premier, le cinéma. Sa plume est directe, minimaliste, et même si elle n’est pas dépourvue de poésie (il en faut tout de même beaucoup pour écrire une telle histoire), je l’ai parfois trouvée trop simpliste.

J’ai néanmoins pris beaucoup de plaisir à me replonger dans cette folle histoire qu’est Youth, et je suis quasiment sûre de revoir le film dans les prochains jours !

J’espère vous avoir donné envie de voir au choix le film ou de lire le livre ; les deux valent le détour et je ne cesserai sans doute jamais de recommander cette histoire que j’aime tant !

Merci encore aux éditions Albin Michel pour cet envoi et leur confiance renouvelée.

8 commentaire sur “Youth – Paolo Sorrentino

    1. Ca se comprend, certains proches m’ont dit l’avoir trouvé trop contemplatif (et il l’est). Je pense que c’est typiquement le genre de films qui fait soit ressentir énormément d’émotions…soit rien, le vide !

  1. J’ai adoré ce film moi aussi, et comme tu dis dans le cas de ces films contemplatifs c’est soit on est transportés soit on passe à côté. J’ai beaucoup moins aimé « la grande belleza  » en revanche !
    Je ne pense pas lire le livre car c’est plutôt là photographie du film que j’ai aimée et son côté planant, plus que le scénario !

    1. Je veux voir La Grande Belleza depuis une éternité, il faut vraiment que je m’y mette ! Mais beaucoup de gens ont eu le même avis que toi donc ça me refroidit un peu…

  2. Je n’ai pas vu le film, mais il me fait vraiment envie !
    c’est rare qu’un roman soit adapté d’un film…j’en ai lu quelques-uns quand j’étais plus jeune, et j’étais souvent déçue, les récits me semblaient toujours un peu plats après avoir vu les images…

    1. C’est souvent l’impression que j’ai aussi ! J’avais ressenti la même chose avec Le Cercle des Poètes Disparus…
      Mais fonce pour le film, il en vaut largement la peine

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