Maggie Cassidy – Jack Kerouac

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Maggie Cassidy ; Jack Kerouac

Penguin – Modern Classics

1959 (réédition de 2009)

194 pages

Résumé (édition française chez Folio) : Il a seize ans, il n’est qu’enthousiasme et joie de vivre. Il aime le football, les copains et… Maggie. Elle a dix-sept ans, de grands yeux de biche et elle l’aime aussi, son Jack. Enfin, elle l’aime bien. Mais elle est en train de découvrir avec ivresse le plaisir de séduire, le pouvoir d’un battement de cils, d’un sourire ou d’un balancement de hanches qui fait se retourner tous les garçons. Voilà, Jack et Maggie connaissent les premières extases et les premiers drames de la passion, comme on ne les connaît qu’à dix-sept ans. Et puis, il y a le temps qui passe, il y a les autres, il y a tout bêtement la vie – tout ce qui risque de séparer deux adolescents dont l’amour est fragile. Jack Duluoz ressemble comme un frère à Jack Kerouac, né lui aussi à Lowell, Massachusetts, où se situe Maggie Cassidy, un savoureux roman qui déborde de jeunesse et de vitalité. On y retrouve la prose spontanée, le style trépidant inspiré du jazz, la fulgurance des images qui firent la gloire de Kerouac et inspirèrent toute la Beat Generation.

Mon avis : J’aime Kerouac. Enfin, j’aime ses livres, son travail. Cela peut sembler ridicule dans la mesure où avant de lire Maggie Cassidy, je n’avais lu que On the Road (Sur la Route) qui avait été une véritable révélation dans ma vie de lectrice. A tel point qu’en février 2015 j’ai décidé d’appeler mon cochon d’inde Kerouac (je me rappelle encore le tenir dans ma main tellement il était petit et lui donner plein de noms en le regardant, comme si il allait me dire si ça lui plaisait. Ceci dit il a failli s’appeler Platon quand même. Avouez Kerouac ça en jette plus).

Parmi mes résolutions pour cette année en Angleterre, il y avait le fait de lire plus de classiques comme certains le savent, mais surtout de lire des œuvres de Kerouac. Histoire de compléter un peu ma culture Beat Generation, et d’être sûre que je n’avais pas donné un nom moisi à mon animal – quand même. Qu’on se rassure, je sais aujourd’hui qu’il porte le nom d’un grand homme et d’un auteur incroyable. Parce que même si ces livres sont franchement une plaie à lire en anglais, ils en valent plus que la peine.

Maggie Cassidy, c’est le nom de cette jeune fille que Jack Duluoz aime par-dessus tout. Jack, c’est le double de Kerouac. Ce narrateur dont on change à peine le nom, car on sait que c’est l’histoire de l’auteur lui-même qui est racontée. C’est l’adolescence de Kerouac, dans une petite ville du Massachussets, alors qu’il fait le con dans la neige avec ses amis pour le Nouvel An à l’aube de la seconde Guerre Mondiale.

« It was the New Year 1939, before the war, before anyone knew the intention of the world toward America. »

Jack Duluoz est un jeune homme un peu comme les autres. Il a la tête sur les épaules, mais à son âge, on aime bien déconner, on regarde les filles et on se fout un peu de la gueule du monde. « On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans » Rimbaud écrivait. Et je crois que c’est exactement ce que montre ce livre. Ce roman, c’est l’histoire d’un amour qu’on sait déjà éphémère, même si c’est le premier et qu’on croit qu’il durera toujours. C’est l’histoire de la transition entre l’innocence et la raison de l’âge adulte, celui où on nous demande de faire des choix et d’être responsable. Quitte à renoncer à certaines choses en chemin. C’est un roman court, mais selon moi assez initiatique, qui pourra sans aucun doute en décourager plus d’un mais qui personnellement m’a beaucoup plu.

« But we don’t have time, it’s an exciting night when everything’s happening not only to you but to everyone because of to you !– we’re glowing, rich, sick to happiness, I look at her with such love, she with hers, I didnt see any prettier lovers in the sunflower prairies of Kansas when larks squawk in trashing sunset trees and the old hobo hoes out his sad old can a beans from the pack and bends to eat them cold.
We loved each other. »

Kerouac a cette écriture folle, automatique, presque surréaliste et déjantée qui fait la particularité de la Beat Generation et si c’est parfois très difficile à suivre durant les premières pages, on finit par s’y habituer et j’ai adoré suivre les méandres de l’imagination de l’auteur. Ses phrases sont longues, parfois interminables (je vous déconseille fortement la lecture rapide à voix haute, c’est un vrai exercice de rhétorique !), mais elles sont d’une poésie folle. En bref, elles m’ont donné envie de me remettre aux classiques plus sérieusement et d’aller dévaliser le rayon « Kerouac » de chez Waterstones. Le pire c’est qu’il va me coûter cher ce con, car il a été sacrément prolifique. Autant dire que j’ai de la lecture devant moi pour quelques années si je veux me faire l’ensemble de sa bibliographie.

Amoureux de littérature, je vous conseille plus que jamais ce petit bijou de littérature américaine. C’est dense, ça peut en décourager certains (j’avoue que je ne sais pas comment j’ai fait pour ne pas décrocher vu les premières pages chaotiques), mais comme on dit, it’s totally worth it. On va dire que parfois, la beauté de certaines œuvres se mérite. Forcément c’est un concept qui ne plaît pas à tout le monde (à moi la première, en tant qu’ambassadrice du bonheur des livres bien cheesy), mais de temps en temps, ça procure une satisfaction immense ; celle d’avoir découvert une oeuvre assez exceptionnelle.

Je ne voulais pas faire de chronique spécialement sur ce livre à l’origine car je me suis dit que ça intéresserait peu de monde, mais je pense finalement que c’était nécessaire. Parce que parfois, c’est bon de parler d’un livre, même si on sait qu’on sera peut-être le seul à en vanter autant les mérites (du moins parmi les blogueurs hein, parce qu’évidemment que ce livre est reconnu comme génial sinon). Avez-vous parfois cette sensation avez certains livres ?

10 commentaire sur “Maggie Cassidy – Jack Kerouac

  1. Ah une amoureuse de Kerouac comme moi ! je n’en connais pas beaucoup!! En plus de Kerouac je suis une fan des auteurs de la Beat Generation, Ginsberg, Burroughs… j’essaie de ne pas tous les lire trop vite, histoire de faire durer mon plaisir encore quelques années 🙂
    Je trouve que tout chez eux, leurs vies, leurs oeuvres est tellement fascinant !!

    Tu as eu raison de faire la chronique de ce livre, je ne l’ai pas lu et ça m’a bien donné envie de le lire prochainement !!

    1. Aaaah enfin comme tu dis ! J’ai un peu l’impression de passer pour la fille chelou un peu inutile quand j’en parle.
      Mais shame on me, je ne suis toujours pas mise aux oeuvres des autres auteurs de la Beat Generation ! (ça rentre dans ma liste de résolutions)

  2. oh mon dieu ! ton avis me dit qu’il me le faut mais mon porte-monnaie fait grise mine – je vais le demander au Père Noël ! j’adore ce que tu dis sur son écriture – tout ce que j’aime !! merciiiii

    1. Sans aucun doute, le plus classique et le plus connu (mais quelque part c’est pas pour rien : On the Road !). L’adaptation cinématographique est un navet et ne lui rend pas du tout justice, mais au pire la bande-annonce te donnerait déjà bien une idée du roman…

  3. Je suis bien d’accord. On the Road. Un des seuls livres qu’on m’a forcée à lire en cours et que j’ai apprécié (tu sais la théorie de « je n’aime que ce que je lis pour le plaisir ») . Ça me donne envie de lire Maggie Cassidy du coup. Merci ! Vive aussi Kaddish and other Poems de Ginsberg (mais avec un dico celui-là).

    1. Tout le monde me dit de m’attaquer à Ginsberg mais oui j’avoue qu’il me fait encore un peu peur…
      Et sinon je vois bien de quoi tu parles… J’avais lu « Métaphysique des tubes » d’Amélie Nothomb (en même temps quand tu es un petit con de quatrième le titre il te dégoûte un peu) et en fait j’avais adoré !

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