Quand la Lumière Décline – Eugen Ruge – La déception à l’allemande !

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Quand la Lumière Décline (In Zeiten des Abnehmenden Lichts) ; Eugen Ruge

Les Escales

2012

423 pages

Quatrième de couverture : Berlin, 2001. Incurable. Suite à ce diagnostic, Alexander part au Mexique, un rêve d’enfant nourri par les récits nostalgiques de sa grand-mère. Pourtant, en 1952, celle-ci a tout fait pour mettre fin à son exil et rentrer participer à la construction de l’État socialiste en Allemagne.
Le père d’Alexander aussi est revenu plein d’espoir de Sibérie, avec son épouse russe qui ne maîtrisera jamais la langue de Goethe et sa belle-mère qui ne se défera pas de ses bocaux de cornichons.
Alexander, lui, se sent vite à l’étroit en RDA. Jusqu’à la fête célébrant les 90 ans du patriarche communiste, alors que le Mur est sur le point de s’effondrer, où tous ces destins vont se croiser, s’affronter, se rencontrer ou se séparer…

De Mexico à Berlin en passant par Moscou, les voix de quatre générations s’entremêlent pour dire l’histoire d’un monde, d’une famille, d’une vie, quand la lumière des idéaux décline.

Mon avis : Il y a des fois où ça ne fonctionne pas. Où la magie n’opère pas. Où on ouvre un livre avec grand plaisir, on s’attend à une petite pépite, à quelque chose d’inconnu mais de grandiose, et finalement, ça ne prend pas. On en ressort déçu, et franchement désolé.

J’aurais au moins sorti une sacrée relique de ma PAL. On m’avait offert Quand la lumière décline il y a des années, à un repas de famille, et j’avoue que je l’avais complètement oublié. Entre temps j’ai eu mon bac, je suis partie à Paris, et certains livres ont pris la poussière sur les étagères sans que je ne m’y intéresse vraiment. C’était sans compter sur ma détermination trois ans plus tard, soit cet été, lorsque j’ai décidé de ranger la bibliothèque de chez mes parents dans laquelle mes livres ne rentraient même plus. J’ai alors retrouvé ce pavé un peu oublié, et j’ai tenu à l’en sortir.

Malheureusement, ce n’était pas vraiment une réussite puisqu’il s’agit d’un abandon. Chose rarissime, j’ai lâchement dit non à un livre, je l’ai refermé en sachant que je ne le rouvrirais pas. Tout cela sonne bien sentencieux, mais pour moi ça l’est un peu. Je suis encore un peu triste, car finalement, ce livre me donnait très envie (ok, avec trois ans de retard).

Quand la lumière décline est un roman au titre bien poétique qui annonce un beau programme : un roman fleuve, portrait d’une famille sur quatre générations, avec tout ce qui va avec : amour, mais aussi rancunes, regrets et secrets de famille. Le tout dans un contexte politique bien compliqué, puisque le livre, qui oscille entre plusieurs dates de 1952 à 2001, retrace l’histoire de la RDA (Allemagne de l’Est). On a donc droit à un portrait du communisme et de ses failles en toile de fond.

En bref, tout pour me plaire : des secrets de famille, de l’historique, un peu de politique. Mais je suis littéralement passée à côté. Je voyais très bien au fil de ma lecture quel était l’intérêt de ce livre, dans quoi il résidait : un livre comme un témoin de cette époque si particulière, faite d’espoirs mais aussi de beaucoup de désillusions. Les différentes générations illustrent justement cette tendance ; entre les plus jeunes, plus vraiment derrière le communisme, blasés et qui cherchent espoir dans autre chose, mais aussi les parents, un peu désabusés, membres du parti sans trop savoir pourquoi, ou les plus vieux, censés représenter la fierté du régime, alors qu’ils ne sont plus que les masques d’eux-mêmes… Il y avait énormément de potentiel et l’histoire avait de quoi m’intéresser.

Mais j’ai vite été lassée… jusqu’à outrance. Les personnages sont tous plus insupportables les uns que les autres. Cela va bien avec l’esprit du roman, qui montre que quelle que soit la génération, aucune n’est plus intelligente que l’autre, et même avec des croyances politiques différentes, tout le monde fait les mêmes erreurs. Soit. Cela aurait pu être bien exploité. Mais j’ai quitté cette bande de joyeux dépressifs sans trop de regrets. Ils sont relativement prétentieux, sûrs d’eux et intolérants. Cette bande de pseudo-intellectuels ne fait que ressasser ses idées souvent périmées sans trop d’entrain. Le tout sur quatre cents pages où selon l’alternance de points de vue ils ne font que maugréer et critiquer intérieurement les autres, c’est long. Vraaaiment long. Surtout qu’il n’y a pas tant que ça d’action non plus. Que le portrait de personnages esseulés et franchement paumés.

Je ne l’ai peut-être pas lu au bon moment. J’avais envie de légèreté et de bonheur pour l’été, et clairement, ce livre c’était pas l’idée du siècle du coup. Il n’empêche qu’il est plutôt bien écrit, a un fort intérêt historique, est intelligent et il a quand même remporté le Deutscher Buchpreis, soit le Goncourt à l’allemande.

Ce qui me rend encore plus triste d’avoir abandonné ce livre car je ne doute pas du fait que c’était un bijou. Auquel je suis restée impassible. Je le recommande quand même, car je ne doute pas du fait qu’il sera plus apprécié par bien d’autres personnes et que je ne l’avais jamais vu sur la blogo. Il faut dire que ce n’est plus une nouveauté, mais quand même, de toute façon un roman historique comme celui-ci ça ne se périme pas vraiment.

Et même si je n’ai pas lu ce roman jusqu’au bout, je tenais à faire cette chronique douce-amère, pas trop méchante pour une fois, qui me rend plus mélancolique qu’en colère.

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4 commentaire sur “Quand la Lumière Décline – Eugen Ruge – La déception à l’allemande !

  1. Oh la vie est parfois étrange ! J’ai croisé ce livre à de nombreuses reprises dans des bouquineries (en Poche) puis je l’ai vu à la bibli, je l’ai emprunté mais faute de temps, je l’ai rendu – étrangement, même à 3 euros, j’ai toujours hésité à l’acheter et ton avis me dit que mon instinct était le bon ! Moi j’ai abandonné un livre qui a reçu de nombreuses éloges .. allez, maintenant je me dis qu’il y en a tant d’autres !

    1. Effectivement c’est plutôt drôle… Et en même temps ça me rend triste car j’ai super envie de te le recommander quand même !
      En plus toi qui aimes les histoires de famille assez réalistes mais pas toujours très gentilles avec les personnages, ce livre pourrait quand même te plaire (la fille qui n’a absolument aucune logique)

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