Revue : Un Hiver à Paris – Jean-Philippe Blondel

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Titre : Un Hiver à Paris

Auteur : Jean-Philippe Blondel

Editions : Pocket

Date de parution : 2016

Nombre de pages : 192

Quatrième de couverture : C’est l’heure du retour de vacances. Dans le courrier en souffrance, une lettre attend Victor, professeur d’anglais depuis vingt ans. Ce qu’elle contient va raviver un souvenir enfoui.

Septembre 1984. Victor est à Paris pour sa deuxième année de prépa. Il travaille beaucoup, a peu voire pas d’amis, la compétition est de toute façon cruelle. Un jour de cours comme un autre, dans la classe d’en face on entend une insulte, une porte qui claque, quelques secondes de silence, un bruit mat, le hurlement de la bibliothécaire. Mathieu a sauté. La pression, la sentiment de transparence, la solitude ? Qu’importe. Rien ne sera plus jamais comme avant.

Mon avis : Je n’ai pas souvent eu l’occasion de lire des livres qui parlaient des classes préparatoires, encore moins des classes préparatoires littéraires parisiennes. Du moins, je n’ai sans doute jamais lu de livres où elles étaient au cœur du sujet. Pour ceux qui débarquent sur le blog (ou qui se foutent un peu de ma vie, ce que je comprendrais tout à fait), j’ai fait une classe préparatoire littéraire dans un grand lycée parisien, de 2013 à 2015. C’est une expérience sur laquelle je reviens encore peu, parce qu’elle m’a totalement transformée. J’ai passé les deux meilleures et les deux pire années de ma vie en prépa. J’y ai été heureuse, épanouie, amoureuse, je me suis senti pousser des ailes, j’ai appris des choses incroyables, acquis des méthodes de travail très efficaces. J’y ai repoussé mes limites et j’en ai aussi énormément souffert. Trop sans doute.

Je n’ai pas envie que cet article vire au déballage de mon expérience, car il me faudrait dix ans pour le faire. Parler de la prépa me semble toujours compliqué, dans la mesure où certains discours semblent trop caricaturaux… mais dire qu’ils le sont reviendrait à nier que la réalité est ce qu’elle est – parfois difficile. C’est donc curieuse, et à la fois avec une certaine appréhension que je me suis lancée dans ce roman. Et finalement, après ma lecture, je n’arrive toujours pas à avoir un avis définitif dessus.

Victor rentre en classe préparatoire parisienne et quitte ses parents de province. Il découvre un milieu particulier, décrit comme difficile, très compétitif, où il ne fait que travailler, sans aucune vie sociale. Déjà, ça commençait bien et pas bien. Le tableau est posé, certes. On ressort les poncifs : en prépa on travaille, on ne dort pas, et surtout ON NE S’AMUSE PAS, C’EST INTERDIT. Certes. Il y a une grande part de vérité là-dedans. Une très grande part, surtout dans certains lycées parisiens comme celui que j’ai fréquenté. Mais ce n’est pas que ça. On peut sortir en prépa. On peut s’amuser. On peut avoir des amis. Tout dépend de la façon dont on fonctionne. Tout dépend de son caractère. Tout dépend des professeurs.

« – Mais alors, pourquoi tu restes là ? Par pur masochisme ? Pour devenir capable de disserter sur tout et n’importe quoi ?

– Je ne sais pas exactement. Il y a sûrement de l’orgueil qui entre en jeu. Je ne veux pas me dédire. Ni rentrer la queue basse en province en avouant qu’en fait je n’étais pas si bon que ça. Et puis, je côtoie des milieux que ni mes parents ni mon frère n’auront l’occasion de connaître,je pratique des langues qui leur resteront à jamais mortes. Je trace ma route. »

Si la citation ci-dessus m’a beaucoup fait sourire et revenir sur quelques questionnements intérieurs que j’ai pu avoir l’an passé, j’ai trouvé certains traits un peu forcés. Forcément, j’étais mitigée. Mais à partir de là, la prépa ne devient plus finalement qu’une toile de fond face à un événement bien plus sinistre : Mathieu, en hypokhâgne, décide de sauter par la fenêtre en plein cours. Victor était l’un des seuls à lui avoir déjà parlé. Il est celui que l’on voit comme « l’ami de la victime », et désormais, il essaie de reprendre sa vie normale, entre cours intensifs et cafés avec le père de la victime.

Je n’arrive toujours pas à dire si j’ai aimé ce roman ou non. Il avait quelque chose de bouleversant, de profond auquel je ne suis pas restée indifférente (en même temps, on parle d’un suicide donc bon…). Mais il y avait aussi quelque chose qui me manquait. Comme une fadeur extrême que je n’explique pas. C’est sans doute la mélancolie énorme qui se dégage du roman qui m’a lassée. Parfois, et ce n’est pas la première fois que ça m’arrive, je deviens hermétique aux sentiments que l’auteur cherche à dégager.

J’ai à la fois aimé certains traits de l’écriture de l’auteur, et à la fois été totalement ennuyée par d’autres.

C’est sans doute l’une des chroniques les plus bordéliques que j’ai faite jusqu’à maintenant (applaudissements de rigueur…) ! C’était une bonne lecture au sens où je l’ai lue rapidement et j’ai quand même accroché à l’histoire, mais il m’a clairement manqué quelque chose. Je lui ai quand même mis la note de 15/20 sur Livraddict, preuve que ce n’était pas vraiment une déception !

« Sans doute un ultime regret. On est en train de tomber et on se rend compte que finalement on n’a pas envie, c’est idiot, on veut revenir en arrière, comme dans les dessins animés, mais ça ne marche pas, tout va très vite, les marches sont à l’envers, le monde est sens dessus dessous, et d’un seul coup, le sol, le sol, le sol. »

8 commentaire sur “Revue : Un Hiver à Paris – Jean-Philippe Blondel

  1. Alors, je l’ai lu il y a un petit moment maintenant et j’en garde un très « bon » souvenir. Dans le sens où la melancolie ne m’as pas dérangé, et m’a touché, même… meme si, bien sûr, deux trois petites choses m’ont dérangées. Faut dire aussi que j’aime bien l’auteur, et sa plume sans pourtant être une enorme « fan » (Bizarre ce que je dis aha.)
    En tout cas, tu nous as fait une jolie chronique. Et je comprends totalement ton sentiment… il y a des livres comme celui-ci où on ne sait pas.
    Des bisousss

    1. Je ne connaissais pas du tout l’auteur…Mais il faudrait quand même que je retente ma chance avec un autre de ses livres pour me faire une vraie idée !

      Plein de bisous à toi aussi !

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