Revue : Celle d’Avant – Ninon Maréchale

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Titre : Celle d’Avant

Auteur : Ninon Maréchale

Editions : Autoédité

Date de parution : 25 août 2015

Nombre de pages : 493

Quatrième de couverture : Vincent, Philippe et Jonas sont amis d’enfance. La quarantaine passée, les trois hommes se retrouvent le temps d’un week-end. Vincent a bâti une famille avec Chiara, tandis que Jonas semble se complaire entre son travail et quelques compagnes de passage. Quant à Philippe, il vit une relation instable avec Louise avec qui il n’imagine pas de lendemain. Pendant ces quelques jours ensemble, les souvenirs resurgissent. Chacun retrouve ses habitudes, son caractère, sa peau d’avant, jusqu’à ce que Chiara ne découvre l’existence de Laure, que Vincent a follement aimé autrefois et dont il n’a jamais parlé jusqu’à présent. Elle tente alors de reconstituer le passé de ces trois hommes et de comprendre qui était Laure, morte vingt ans auparavant dans des circonstances restées inexpliquées.

Mon avis : En novembre, Ninon Maréchale m’avait contactée pour recevoir l’un de ses romans. J’avais choisi Celle d’Avant, pour son pitch assez mystérieux. Je m’attendais à un roman contemporain assez sympathique et je pense que l’une des seules raisons pour lesquelles je l’ai fait traîner dans ma PAL aussi longtemps (hormis le RDE et les lectures de cours) est le fait qu’il s’agit d’une belle brique. Il trônait parmi les plus gros livres de ma bibliothèque et finalement, fin mars, je me suis décidée à l’en sortir. Chose que je ne regrette absolument pas.

J’ai le sentiment que cette chronique va être difficile à réaliser car j’ai beaucoup de choses à dire sur ce roman. Tout d’abord, je dois dire que ce roman m’a totalement tenue en haleine. Si je ne pouvais pas l’emmener partout avec moi du fait de sa taille, je l’ai quand même dévoré en quelques jours. J’ai très vite accroché à l’histoire et aux personnages et j’aimais le fait d’aller de révélation en révélation, sans vraiment de temps mort. L’écriture de l’auteure était agréable, fluide. Elle n’avait rien d’extraordinaire, mais contrairement à certains contemporains, on ne pouvait pas dire que c’était mal écrit. Elle m’a rappelé l’écriture d’Elisa Tixen dans Sans Traces Apparentes, que j’avais lu il y a quelques mois.

Le roman se compose de plusieurs parties : une grande part du roman consiste à raconter le week-end que vivent les personnages principaux dans la campagne près de Périgueux, chez Vincent et Chiara. Jonas et Philippe viennent les rejoindre durant l’été pour un week-end prolongé qui s’avère moins reposant que prévu. Dans le même temps, on suit les aventures de Louise, la compagne de Philippe laissée sur le carreau et qui est restée à Paris. Pour elle non plus, le week-end risque de ne pas être de tout repos. Elle est suivie par Stéphane, étudiant en deuxième année de physique, qui rêve de pouvoir sortir avec elle, mais qui refuse d’affronter la réalité. Ce gros de l’histoire est entrecoupé de plusieurs parties, du point de vue de Philippe, puis de Vincent et de Jonas. Tous ont entretenu dans les années 1980 une relation très particulière avec Laure, décédée d’un accident.

J’ai beaucoup aimé la construction du roman. Les flash-backs successifs permettent de comprendre le lien si particulier qui unissait les garçons à Laure, et permettent aussi au lecteur d’expliquer leur relation aujourd’hui. J’ai globalement accroché à tous les personnages, qui sont tous assez bien décrits. L’auteure va en profondeur, et cela nous permet de comprendre pourquoi ils pensent et agissent ainsi.

J’avoue avoir été totalement déroutée par la fin ; je ne me doutais pas du tout que l’histoire allait prendre cette tournure. Quoi qu’il en soit, j’ai été totalement surprise et c’est un bon point.

J’ai aussi beaucoup apprécié le soin que l’auteure a pris pour décrire les lieux et leurs petits détails ; je me voyais déjà dans un jardin à la campagne l’été, sur un transat, ou avec l’odeur du café et de la confiture le matin.

Le livre est assez long, mais globalement je n’ai pas trouvé qu’il y avait de longueurs. L’un des seuls points qui m’a gênée est le fait que l’auteure s’est parfois attardée sur certains détails… J’avoue avoir eu peur au début du livre quand j’ai lu une page entière dédiée à la description de la façon dont un pain au lait de chez Monoprix se décompose dans une tasse de café contrairement à des gâteaux… Mais heureusement pour moi ce genre de descriptions ne s’est pas trop répété. J’étais aussi sceptique par rapport aux rencontres de Louise à Paris, qui me semblaient légèrement surréalistes, mais finalement, une des révélations de l’histoire est venue contrebalancer mon impression.

Autre petite déception : deux-trois petites fautes d’orthographe que j’ai repérées avec mon œil de lynx. Ceci dit, même dans les livres édités par Hachette ou Nathan, j’en trouve très régulièrement (dernier record: cinq fautes pour un livre jeunesse !)

J’ai donc fait une très belle découverte avec ce roman dont l’intrigue m’a beaucoup plu. Celle d’Avant est l’un de ces romans contemporains totalement inattendus, à la fois plein de douceur et terriblement tragique. Un page-turner qui donne envie d’aller se reposer à la campagne…et qui nous montre tout ce que l’amour peut nous pousser à faire, en bien comme en mal.

Encore merci à Ninon Maréchale pour cet envoi.

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