Revue : Rien ne s’oppose à la Nuit – Delphine de Vigan

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Titre : Rien ne s’oppose à la Nuit

Auteur : Delphine de Vigan

Editions : Le Livre de Poche (1ère parution : JC Lattès)

Date de parution : 2011

Nombre de pages : 401

Quatrième de couverture : « Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l’écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre. Aujourd’hui je sais aussi qu’elle illustre, comme tant d’autres familles, le pouvoir de destruction du verbe, et celui du silence. »

Mon avis : J’ai mis du temps à publier cette revue, et c’est bien dommage, parce que je risque d’avoir oublié certains ressentis que j’ai pu avoir durant ma lecture. Début juillet, j’avais encore du mal à retrouver mon rythme normal de lecture, et je me disais que Delphine de Vigan allait bien m’aider à y remédier, étant l’une de mes auteurs préférés. J’ai donc ouvert Rien ne s’oppose à la Nuit, le dernier que j’avais dans ma PAL. Ce roman est assez différent de tous les autres de l’auteur. Ce n’est peut-être pas mon préféré (Jours sans Faim reste vraiment indétrônable à mes yeux), mais c’est sans doute le plus personnel.

Dès le début du livre, l’auteure nous dévoile son projet. Sa mère vient de mourir, et c’est un choc. Passés le chagrin, la colère, elle décide de faire « comme des dizaines d’auteurs avant moi », soit d’écrire sur sa mère. Elle veut alors dresser une sorte de biographie, où elle retrace son enfance, grâce aux récits d’autres membres de sa famille, puis sa vie d’adulte, de son point de vue de petite fille face à sa maman cette fois-ci. Je ne pense pas avoir eu le coup de coeur cette fois-ci face à ce livre (il faut dire qu’elle a mis la barre très haute avec les précédents), mais c’était une superbe lecture, très touchante et prenante. Delphine de Vigan dresse ici un portrait très émouvant de sa famille où les malédictions s’enchaînent, mais où tout est fait pour garder le sourire. Elle ne cherche pas à taire certains détails, elle confie tout, et pourtant, ce livre ne manque pas de dignité.

C’est aussi un très beau livre qui parle des problèmes de l’écriture elle-même. L’auteure évoque avec émotion les difficultés de tout dire, notamment de retranscrire des faits qu’elle n’a pas connus elle-même. Comment retranscrire la vérité, être sûr qu’il s’agit bien de la vérité ? Comment réussir à parler d’un être cher avec justice ?

J’ai beaucoup apprécié ce portrait de famille, qui recense des histoires très lourdes, et qui ne laisse pas indifférent.

9 commentaire sur “Revue : Rien ne s’oppose à la Nuit – Delphine de Vigan

  1. A l’époque de sa sortie, j’avais entendu D. de Vigan en parler dans une émission radio et je l’avais noté, très tentée malgré le fait que c’est assez « lourd », « dur ». Je ne l’ai toujours pas lu mais tu ravive mon intérêt.

  2. Je ne l’ai jamais lu, et tu me convaincs totalement. C’est vrai que la question du problème de l’écriture elle-même – la retranscription de la vérité, s’il s’agit bien de cela,etc.. peut être très intéressante.

  3. Delphine de Vigan est aussi une de mes auteurs favorites! J’ai lu ce roman récemment aussi et il m’a beaucoup touché. C’est vrai que c’est assez différent du reste de son œuvre (plus intime car bibliographique peut être ?) mais l’écriture est toujours aussi belle, comme tu en parles bien. J’ai aussi beaucoup aimé pouvoir me sentir plus proche de l’auteure.

    1. Effectivement, c’est un très beau roman, même si je l’ai trouvé un peu en deçà des autres (peut-être parce que le style n’était plus tout à fait le même). Mais je suis d’accord sur le fait que la proximité avec l’auteure m’a beaucoup plu. J’ai hâte de m’offrir son nouveau roman !

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