Tous les hommes désirent naturellement savoir – Nina Bouraoui

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Tous les hommes désirent naturellement savoir de Nina Bouraoui ; l’une de mes premières découvertes de cette rentrée et l’une de mes plus attendues. Après avoir voulu découvrir l’auteur avec son précédent roman Beaux rivages sans finalement jamais trouver le temps de me le procurer et de l’ouvrir, j’ai décidé de m’y prendre à l’envers, et d’attaquer en premier son tout dernier roman qui paraît aujourd’hui aux éditions JC Lattès et ouvre le bal de la rentrée littéraire.

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Tous les hommes désirent naturellement savoir est l’histoire des nuits de ma jeunesse, de ses errances, de ses alliances et de ses déchirements. C’est l’histoire de mon désir qui est devenu une identité et un combat.

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Un énième roman de l’intime – c’est pour moi la meilleure façon de caractériser Tous les hommes désirent naturellement savoir de Nina Bouraoui, au titre pourtant on ne peut plus universel. L’auteur revient par bribes sur sa jeunesse entre la France et l’Algérie, sa relation fusionnelle et compliquée avec sa mère, et l’affirmation de son homosexualité à l’entrée dans l’âge adulte. C’est le récit d’une femme qui se sent un peu bâtarde, autant par ses origines que par celle qu’elle tend à devenir.

Si je suis souvent sensible aux autobiographies, auto-fictions et à tous ces récits où le « je » est le lieu du dévoilement, je dois reconnaître avoir été peu conquise par ce récit assez décousu. L’auteur a une plume intéressante et on relève aisément quelques citations à travers le texte, mais elle ne m’a pas non plus transcendée.

« J’écris les travées et les silences, ce que l’on ne voit pas, ce que l’on n’entend pas. J’écris les chemins que l’on évite et ceux que l’on a oubliés. »

Nina Bouraoui à travers ce roman aborde la question de l’identité d’un être privé et unique et de l’appartenance à une identité collective ; l’identité nationale dont on nous parle tant, l’identité d’un genre et de son orientation sexuelle supposée. Certaines réflexions sont intéressantes, mais le tout semble un peu mal dégrossi. Les souvenirs sont alignés de façon un peu foutraque, selon trois thèmes visiblement chers à l’auteur : « Savoir », « Devenir » et « Se Souvenir », comme trois jalons de l’existence. L’auteur essaie de relier ses souvenirs à des réflexions plus universelles et sociétales ; malheureusement, c’est selon moi un peu trop convenu et maladroit pour que ce soit vraiment intéressant.

Lorsqu’on lit des romans aussi personnels que celui-ci, on prend toujours le risque d’être un peu voyeur mais d’être pris par le récit de l’auteur, ou de passer totalement à côté et de se demander pourquoi au fond on s’intéresse à sa personne. C’est ce qui m’est arrivé avec ce roman. J’aurais aimé être émue par la plume et le récit de Nina Bouraoui, mais finalement, je n’y ai pas trouvé grand intérêt.

Tous les hommes désirent naturellement savoir de Nina Bouraoui est un roman de la rentrée littéraire de l’intime qui ne parvient pas à captiver pleinement son lecteur. A défaut d’être vraiment passionnant, il est vite lu, et sera malheureusement vite oublié !

Tous les hommes désirent naturellement savoir - Nina Bouraoui

Tous les hommes désirent naturellement savoir ; Nina Bouraoui

JC Lattès

16 août 2018

265 pages

10 commentaires sur “Tous les hommes désirent naturellement savoir – Nina Bouraoui

    1. Je sais… Ceci dit, même si j’y suis restée assez hermétique, je ne doute pas du fait que certains seront très touchés par le récit de l’auteur !
      Je pense que comme il s’agit d’un récit de l’intime, le ressenti est toujours d’autant plus subjectif…

  1. je n’étais pas du tout attirée mais il est un peu partout du coup ton avis mitigé me dit que je fais bien de passer mon chemin et j’aime bien ton analyse sur ces romans autobiographiques

  2. « A défaut d’être vraiment passionnant, il est vite lu, et sera malheureusement vite oublié ! » Votre avis n’engage que vous.
    L’auteur Valérie Tong Cuong a, quant à elle, été subjugué&e par ce roman …

  3. Très médiatisé oui car son précédent roman a été un succès (et je l’ai beaucoup aimé) mais effectivement j’en lis des avis plutôt mitigés et j’avoue quant à moi avoir de plus en plus de mal avec l’autofiction qui prend un place incroyable dans le paysage littéraire français depuis quelques années et je sature un peu (même s’il y a des exceptions bien sûr).

    1. Je te comprends… J’en lis beaucoup aussi et j’aime ça, mais je sature parfois également.
      Et je pense quand même lire Beaux rivages à l’occasion, car s’agissant plus d’une fiction (il me semble) j’ai peut-être plus de chance d’accrocher !

  4. « Un roman décousu », c’est exactement l’expression que j’aurais utilisée pour parler de ce roman, que j’ai malheureusement laissé tomber en cours de route. Je n’en ai lu que la moitié, et j’ai vraiment eu du mal à accrocher. A quoi bon se forcer ?
    Je suis d’accord avec toi, les réflexions sont intéressantes, notamment en ce qui concerne l’identité sexuelle. Mais je me suis profondément ennuyée avec cette lecture, l’écriture n’a pas réussi à me passionner.
    Et comme toi, j’ai eu du mal à « m’intéresser à la personne » de l’auteur. En fait, pour synthétiser, je suis entièrement d’accord avec ta chronique !

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