Grand Prix des Blogueurs – Ma sélection !

grand prix des blogueurs

L’année dernière était lancée la première édition du Grand Prix des Blogueurs, le premier prix littéraire qui consacre un auteur français de littérature général, et dont tous les influenceurs littéraires qui le souhaitent forment le jury. En 2017, c’est Véronique Olmi qui a remporté le Grand Prix pour son splendide roman Bakhita, malheureux oublié du Goncourt.

Cette année, l’équipe du Grand Prix des Blogueurs menée par Agathe revient en force pour la deuxième édition du prix, avec de nouvelles conditions toutefois. Tous les chroniqueurs web qui souhaitent participer doivent dans un premier temps voter pour deux romans français parus en grand format en 2018, l’un au premier semestre, l’autre au deuxième. De suite, ça se complique. Car au moment de voter moi-même, le dilemme m’a assaillie comme devant le rayon de gâteaux de chez Franprix – j’étais tout simplement incapable de choisir.

Si j’ai finalement réussi à faire mon choix et à voter (mais je ne vous dirai pas pour lesquels, désolé si vous espériez le savoir), il y a au bas mot une bonne dizaine d’autres titres que j’aurais aimé mettre dans mon vote. Pour calmer ne serait-ce que légèrement ma frustration, j’ai décidé de vous les (re)présenter aujourd’hui !

changer l'eau des fleurs de valérie perrin  les indifférents julien dufresne lamy    quatre murs et un toit de camille anseaume  ariane de myriam leroy

Comment parler de mes coups de cœur en matière de littérature française cette année sans évoquer Valérie Perrin et son dernier roman Changer l’eau des fleurs ? Heureux (et mérité) Prix Maison de la Presse 2018, c’est l’un des romans contemporains que j’ai préféré cette année pour sa douceur, ses personnages, l’histoire qui nous attrape et ne nous lâche pas avant la fin ou pour les émotions qu’il suscite à chaque page (rires, larmes, tout y passe). Valérie Perrin est en plus une femme incroyable – et même si l’on ne vote pas pour un auteur mais un livre avant tout, il est ici difficile de dissocier l’écrivain du roman tant celle-ci est à son image : douce et adorable.

La rentrée de janvier a amené son flot de romans et si je lis toujours moins de nouveautés que pour la rentrée d’automne, j’ai été séduite par plusieurs romans, notamment par Ariane de Myriam Leroy chez Don Quichotte, une histoire d’amitié toxique et destructrice entre deux adolescentes belges dont le destin sera tragique. C’est un premier roman acerbe qui souffle littéralement son lecteur. Toujours dans le registre des histoires d’amitiés entre ados écorchés vifs, j’ai adoré Les Indifférents de Julien Dufresne-Lamy chez Belfond. Entre satire sociale sur le bassin d’Arcachon et roman à suspense, l’auteur nous colle entre les mains un roman avec une intrigue digne d’un thriller et des personnages d’une grande complexité. Sans parler de sa plume – on adore ou on déteste. Chez moi c’est un coup de cœur ! Il était également en lice pour le Prix Maison de la Presse, et si comme vous le savez maintenant je ne peux qu’être ravie pour le roman gagnant, j’aurais aimé également que celui-là l’obtienne !

Je vous conseille aussi deux romans du printemps qui se ressemblent un peu – ne serait-ce que pour l’humour de leurs auteures respectives avec qui on a très envie d’aller boire un café. Éparse de Lisa Balavoine est un roman qui porte bien son nom : l’auteure y résume sa vie en la prenant par les petits bouts, les plus insignifiants soient-ils. Élastiques à cheveux qui traînent dans des panières, paroles de chansons sur lesquelles elle s’est égosillée adolescentes, souvenirs en ordre de vrac, tout y passe, dans un joyeux kaléidoscope (ou bordel, c’est selon) qui nous donne forcément un peu le sourire, et rendra certains nostalgiques. De la nostalgie, ce n’est d’ailleurs pas ce qui manque dans Quatre murs et un toit de Camille Anseaume chez Calmann-Lévy, le troisième roman d’une auteure dont j’ai tout lu (livres précédents comme posts de blogs ou Instagram bourrés d’humour). Dans ce roman personnel, la narratrice retourne dans la maison de son enfance afin que celle-ci soit vendue, et se remémore les moments les plus doux comme les disputes avec les frères et sœurs et les parents. C’est un roman à la fois drôle et mélancolique qui m’a particulièrement touchée.

    tenir jusqu'à l'aube de carole fives   le malheur du bas d'inès bayard    là où les chiens aboient par la queue d'estelle-sarah bulle

La rentrée littéraire a apporté son énorme vague de romans français et son lot de coups de cœur, entre lesquels le choix au moment du vote s’est révélé cornélien. Premier coup de cœur de cette rentrée et pas des moindres : Avec toutes mes sympathies d’Olivia de Lamberterie. L’auteure signe ici un hommage puissant à son frère disparu en octobre 2015 à Montréal, alors qu’il a choisi de se suicider après des années de souffrance. Le sujet est évidemment bouleversant, mais jamais impudique, et on a de quoi pleurer. Mon principal problème : il s’agit plutôt d’un récit que d’un roman (en témoigne son prix Renaudot Essai et non Roman) et les avis sont partagés quant à savoir s’il rentre dans le Prix !

J’ai lu également beaucoup de romans sur des femmes, par des femmes. Autre coup de cœur : Le malheur du bas par Inès Bayard, ou un roman sur le viol d’une femme et dont la vie bascule. Un premier roman électrisant et dont certaines scènes sont particulièrement violentes et crues. Il m’a laissé un goût amer pendant plusieurs jours !

Trancher d’Amélie Cordonnier est également un roman très violent ; la violence est même au cœur du sujet puisque l’auteure a choisi d’aborder le harcèlement moral au sein du couple. La question : rester ou partir ? La narratrice se laisse quelques jours pour trancher. Pendant ce compte à rebours, le lecteur assiste impuissant à la dégradation des rapports dans un couple où la femme est réduite à une chose, une incapable notoire. Amélie Cordonnier met le doigt sur cette violence silencieuse avec beaucoup de justesse. Carole Fives nous propose également un roman très juste avec Tenir jusqu’à l’aube, qui nous rappelle un peu le conte de la chèvre de Monsieur Seguin. Dans le roman, chaque soir, une maman seule quitte quelques heures son appartement pour s’offrir un peu de répit. Les journées sont longues et difficiles lorsqu’on vit seule avec un enfant, qu’on ne peut le faire garder pour pouvoir vraiment travailler, et que la société vous impose tous ses jugements. C’est un roman poignant dont on beaucoup parlé à sa sortie mais particulièrement absent des listes de prix… De quoi avoir envie d’enfin lui rendre justice !

Autre premier roman dont on a beaucoup parlé à sa sortie, Là où les chiens aboient par la queue d’Estelle-Sarah Bulle chez Liana Levi : un roman fort sur une partie de la France qu’on connaît en fait bien peu, à savoir la Guadeloupe. Les personnages plein de gouaille décrivent tour à tour une île pleine de contrastes, faisant le portrait en creux d’une France divisée, jusque sur le continent où les Guadeloupéens arrivés en métropole ne sont pas considérés comme Français.

  

Deux romans féminins pour finir… Comme tout le monde en cette rentrée, j’ai découvert Adeline Dieudonné avec La Vraie Vie chez l’Iconoclaste, et je me suis pris une véritable claque aller-retour. J’ai été surprise par ce roman à la fois coloré et très sombre, plein de violence et raconté du point de vue d’une enfant. Comme je conseille néanmoins de l’ouvrir sans trop en savoir à son sujet, je n’en dirai pas plus, si ce n’est qu’il a tout à fait sa place dans cette sélection !

Enfin, j’ai découvert il y a quelques semaines à peine le roman de Julie Gouazé chez Belfond (qui a définitivement une collection de littérature française que j’adore), Quand on parle de Lou. Un roman lumineux sur une femme prête à tout quitter pour retrouver sa liberté et qui découvre son homosexualité.

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Si vous êtes chroniqueur web (blogueur, booktubeur, bookstagrameur, ou même tout simplement chroniqueur à vos heures sur Babelio ou Livraddict), il vous reste encore quelques jours pour voter pour la première sélection du Grand Prix des Blogueurs. Le choix n’a pas été simple pour moi, mais j’ai finalement réussi à me décider !

Il vous reste à choisir le genre de titres que vous souhaitez privilégier : ceux pour lesquels vous avez eu un véritable coup de foudre, ceux qui auraient mérité un autre grand prix, ou ceux dont on a tout simplement bien peu trop parlé… A chacun sa tactique ! Quelle serait la vôtre ?

 

 

5 commentaires sur “Grand Prix des Blogueurs – Ma sélection !

  1. joli billet mais je ne voterai pas car je n’en ai lu aucun.. je vais lire La vraie vie bientôt (dans le cadre d’un autre Prix) mais trop tard pour voter. Je réalise en te lisant que je ne lis pratiquement aucun roman français mais vous êtes tant à le faire 😉

    1. J’avoue que j’ai une prédilection pour la littérature française, même si je lis beaucoup de domaine étranger aussi.
      Tu n’as lu aucun roman français pour lequel tu pourrais voter cette année ?

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