Double revue : Maïté Coiffure et Papa et Maman sont dans un Bateau – Marie-Aude Murail

Aujourd’hui, je reviens encore pour un article revue, mais qui en comprend deux en une… Si ce n’est pas magnifique… J’ai décidé de vous parler de deux livres de Marie-Aude Murail que j’ai lus récemment, après les avoir achetés à Montreuil. Ils sont tous les deux parus chez L’école des Loisirs dans la collection Médium (soit la collection prévue pour les ados). Je vous les avais déjà présentées, mais voici de nouveau les couvertures des livres :

Double revue : Maïté Coiffure et Papa et Maman sont dans un Bateau - Marie-Aude MurailDouble revue : Maïté Coiffure et Papa et Maman sont dans un Bateau - Marie-Aude Murail

Je vous l’avais déjà dit également, je suis loin d’être fan des couvertures de l’école des Loisirs… Je trouve la couverture de Maïté Coiffure particulièrement décevante.

Commençons par Maïté Coiffure d’ailleurs :

Le livre fait 178 pages et est sorti en 2004.

Quatrième de couverture :

Louis Feyrières doit faire un stage d’une semaine, comme tous les élèves de troisième. Où ? Il n’en sait rien. Ce qui est sûr, c’est qu’il n’aime pas l’école et qu’il ne se sent bon à rien.  » J’ai ma coiffeuse qui prend des apprentis, dit Bonne-Maman, lors d’un repas de famille. Stagiaire, c’est presque pareil.  » Coiffeur ? C’est pour les ratés, les analphabètes, décrète M. Feyrières qui, lui, est chirurgien. Louis se tait. Souvent. Mais il observe. Tout le temps. Comme il n’a rien trouvé d’autre, il entre comme stagiaire chez Maïté Coiffure. Et le voilà qui se découvre ponctuel, travailleur, entreprenant, doué! L’atmosphère de fièvre joyeuse, les conversations avec les clientes, les odeurs des laques et des colorants, le carillon de la porte, les petits soucis et les grands drames de Mme Maité, Fifi, Clara et Garance, tout l’attire au salon. Il s’y sent bien, chez lui. Dès le deuxième jour, Louis sait qu’il aura envie de rester plus d’une semaine chez Maïté Coiffure. Même si son père s’y oppose.

Mon avis :

C’est un livre très facile et agréable à lire. En plus il est relativement court, donc je le conseillerais aussi à des lecteurs relativement peu à l’aise avec la lecture. Comme d’habitude, Marie-Aude Murail arrive parfaitement à restituer l’ambiance des lieux qu’elle décrit, on s’y croirait presque. Je me suis très vite attachée au personnage de Louis, assez perdu au début du roman, et je trouve que l’auteure a très bien su restituer les conflits qu’il peut y avoir à cet âge entre les parents et adolescents, surtout au sujet de l’orientation. De plus, je trouve qu’il redonne de l’espoir vis-à-vis des jeunes qui ne souhaitent pas forcément faire de grandes études…Ce qui représente l’un des conflits majeurs du livre ! Ce n’est pas un coup de coeur pour ma part, mais une jolie lecture, qui fait sourire, et que j’offrirais à des ados qui ne sont pas forcément de très bons lecteurs.

La fin semble assez prévisible, mais cela reste un roman jeunesse, et je pense que vu le public auquel l’auteure s’adresse, il n’était sans doute pas utile de faire en effet une intrigue plus compliquée.

En tout cas, ce livre m’a donné envie d’aller me faire coiffer chez Maïté Coiffure, sans aucun doute !

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Papa et Maman sont dans un Bateau

Le livre est paru en 2009 chez L’école des Loisirs, et fait 294 pages.

Quatrième de couverture :

Pauvres Doinel ! Ils s’aiment, mais n’ont pas le temps de se le dire. Ils ont chacun leurs angoisses, leurs soucis mais les gardent pour eux. Marc Doinel, le père aux allures de cow-boy, n’a toujours pas parlé du rachat de sa boîte par des Hollandais décidés à restructurer au lance-flammes. Nadine, la mère débordée, n’évoque jamais la lassitude
qui l’accable devant les « fiches de suivi d’acquisition des compétences » de ses élèves de maternelle. Charlie, la fille aînée, se demande bien pourquoi elle est amoureuse de Kikichi, un héros de manga bisexuel, plutôt que d’un garçon de sa classe.
Et pourquoi se sent-elle si transparente au collège ? Le petit Esteban, lui, ne se plaint jamais, au point de se laisser maltraiter sans broncher par les grands de l’école.
Pauvres Doinel ! S’ils savaient qu’ils partagent un rêve secret… En feuilletant un magazine, chacun d’entre eux est tombé en arrêt devant la même photo. Celle d’une yourte mongole plantée dans une clairière bretonne.

Mon avis :

Pour le coup, le livre est de taille bien plus conséquente, presque 300 pages, mais pour moi la longueur est totalement justifiée : il n’y a pas de longueurs au contraire, cela permet vraiment d’aborder chaque personnage avec sa psychologie. Marie-Aude Murail présente tour à tour les quatre protagonistes de la famille Doinel : le père Marc, directeur d’agence dans une entreprise de transport routier, la mère Nadine, professeur des écoles en maternelle, Charline, qui se fait appeler Charlie, en troisième au collège et passionnée par les mangas, et Esteban, en CE1, qui passe sa vie à inventer des machines pour faciliter la vie dans le monde. Au fur et à mesure de la présentation simultanée de ces portraits, on se rend vite compte que chacun d’entre eux vit mal, se sent perdu, mais ne dit rien. Et la seule chose qui les rassemble encore est un rêve secret, une yourte mongole vue dans un magazine.

Jusque là l’histoire est intéressante, et ce que j’ai adoré dans ce livre est une fois encore l’authenticité qui se dégage de chaque univers décrit. On se sent tour à tour en maternelle avec Nadine, en galère dans l’entreprise de routiers avec Marc, avec des collégiens avec Charlie, et dans la cour de récré en primaire avec Esteban. Tous les milieux sont racontés avec beaucoup de justesse, et je trouve que c’est ce qui procure de la magie au livre. Là encore, on s’y sentirait presque. J’ai du coup trouvé que l’histoire était plutôt bien aboutie, et qu’on avait vraiment le temps de s’attacher aux personnages.

Je conseillerais ce livre à des lecteurs peut-être un peu plus âgés et un peu plus aguerris que pour Maïté Coiffure… Et je conseille aussi de ne pas lire ce livre dans une mauvaise période… Avec des personnages tous à la dérive, ce livre peut parfois déprimer certains !

Voilà pour ces deux revues, j’ai essayé de ne pas trop comparer les livres entre eux car c’est quelque chose que je n’aime pas faire. Dans tous les cas, pour les indécis, pour moi Marie-Aude Murail reste une valeur sûre en matière de littérature jeunesse (bon d’accord c’est mon écrivain préférée), donc foncez !

2 commentaires sur “Double revue : Maïté Coiffure et Papa et Maman sont dans un Bateau – Marie-Aude Murail

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