De la Fausse Littérature ?…

De la Fausse Littérature ?...

C’est un éternel combat… Hier soir, Margaud Liseuse a posté un statut sur sa page facebook qui m’a donné très envie de réagir.

Je cite :

« Et si tu te mettais enfin à lire de la vraie littérature digne de ce nom? : ) Tu découvrirais des horizons insoupçonnés tant elle regorge de magnifiques auteurs qui élèvent l’âme (Albert Camus etc..). »

Hum hum… pardon. J’avais zappé le fait que les auteurs de littérature ado ne permettaient pas à l’âme de s’élever. J’avais oublié que je n’avais jamais lu Camus, Duras, Poe, Woolf et j’en passe. J’avais oublié qu’il existait une vraie et une fausse littérature.

Il semble y avoir une distinction perpétuelle au sein de la littérature entre ce qui « vaudrait la peine d’être lu », ou non, et qui m’agace beaucoup. Elle peut être vue sous deux sens bien connus. Tout d’abord le premier, celui évoqué ci-dessus, et que je connais bien. Pour avoir étudié pendant deux ans dans un grand lycée parisien qui proposait une classe préparatoire littéraire, où les programmes (bien qu’ils changent tous les ans), ressassent les mêmes idées depuis cinquante ans (et même plus), avouer lire du Marc Levy, du Sophie Kinsella (ou pire du pire : de la littérature jeunesse) revenait à s’attirer les foudres de beaucoup de monde. Ce que je n’ai jamais compris. Je suis désolée, mais je dois le reconnaître : malgré l’intelligence de son entreprise dans Les Confessions, Rousseau m’a ennuyée au possible. Et ce n’est pas un drame ! Il me semble que chacun peut reconnaître ne pas aimer un classique, même s’il est reconnu comme un chef d’oeuvre. Chacun a sa sensibilité, et c’est sans doute tant mieux. A l’inverse, oui : j’ai lu trois livres de Gilles Legardinier, ce n’était pas fondamentalement super bien écrit, mais je me suis amusée durant ma lecture. Et c’est le plus important. Je tiens ce blog depuis presque un an maintenant, et j’ai toujours voulu assurer une certaine variété dans mes lectures. Je veux lire de tout : des classiques, du contemporain, des albums, de la jeunesse, des essais… J’ai mes genres de prédilection, comme tout le monde. Et d’autres que j’aime moins. J’aime peu le fantastique et la fantasy ; je n’en lis quasiment jamais.

Je veux dire par là qu’il est humain d’aimer ou ne pas aimer certains livres. Mais doit-on pour autant directement faire l’impasse sur nombre d’entre eux sans vraiment savoir de quoi il s’agit ? L’attitude qui consiste à bouder une très grande part des livres qui sortent actuellement parce qu’il ne s’agit pas de « vraie littérature » m’agace beaucoup. Pour moi, tout est littérature. Sous des genres différents, certes. Certains livres sont bien ou mal écrits, certes. Mais qu’importe. Je pense qu’il est quand même intéressant de les prendre en considération.

A l’inverse, l’attitude qui consiste à dire que tel ou tel classique est forcément nul, chiant, imbuvable -enfin vous avez compris-, parce qu’il est reconnu comme un classique m’insupporte tout autant. Il s’agit là une fois encore d’un jugement sans fondement, uniquement fait de présupposés. Il est évidemment facile de faire ce genre de constatations et d’enfoncer des portes ouvertes, mais on peut au moins se demander : je n’aime pas ce livre. Mais pour quelle raison ? Ai-je objectivement une raison de penser qu’il ne va pas me plaire, si je ne l’ai pas lu ? J’ai adoré Le Cid, Voyage au bout de la Nuit, La Peste de Camus, ou Hiroshima Mon Amour de Duras… sans forcément penser que ça allait être le cas avant ma lecture.

Bref, il s’agit là d’un article un peu déconstruit, mais j’ai ressenti le besoin de le faire suite à tant de jugements à la va-vite que j’entends trop souvent. Je ne sais pas s’il est vraiment utile, peut-être apporte t-il uniquement matière à réflexion. Pour finir autant citer un proverbe bien connu :

De la Fausse Littérature ?...

16 commentaires sur “De la Fausse Littérature ?…

  1. La prépa nous formate; mais elle nous fait tellement lire de classiques qu’elle nous en montre toutes les facettes, bonnes et mauvaises. Après, on peut aller voir ailleurs en connaissance de cause. C’est d’ailleurs ce qui m’est arrivé : entre 15 et 23 ans, je ne lisais presque que des classiques ou des « grands » de la littérature contemporaine. Maintenant je lis Rainbow Rowell, John Green ou Timothée de Fombelle, et j’en suis fière 🙂
    Il faut lire ce qu’on a envie, quand on en a envie. Même de la chick-lit. Parce qu’on a qu’une vie, et qu’il faut bien se faire plaisir.

  2. Je suis d’accord : chacun lit ce qu’il souhaite en fonction de ses goûts. J’aime lire des classiques, mais aussi des romans jeunesse / chick-lit / policier, etc. Mais derrière le message maladroit adressé à Margaud se cache autre chose : ce n’est pas qu’une question de bonne ou de mauvaise littérature, de vraie ou de fausse littérature, mais plutôt qu’on nous abreuve constamment de romans jeunesse, YA, bit-lit, etc sur les blogs, les chaînes Youtube, les éditeurs s’y sont mis parce que commercialement ça fonctionne… En fouillant bien, on trouve pas mal de chaînes Youtube anglophones qui s’intéressent aux romans contemporains et aux classiques, mais c’est beaucoup plus rare en France et ça me chagrine un peu.

    1. C’est vrai que ce serait le reproche principal que je ferais à Booktube (plus qu’à la blogo, où on trouve des lectures plus variées je trouve). J’aime la littérature jeunesse, mais ce n’est pas ce que je lis en priorité, du coup j’aimerais bien un peu plus de variété ! Mais après je comprends totalement les personnes qui en lisent beaucoup, tant qu’ils ne se mettent pas d’ornières « le reste, ca ne me dit pas même si je n’ai pas regardé, ça n’est pas du tout mon genre ». Dans ce cas c’est vrai, c’est assez limité.

  3. Je te suis à 100 % !
    Si je peux répondre à Alexandra,: il y’a tellement de blogueurs que tu en trouveras un nombre impressionnant qui proposent des livres classiques, des drames pour adultes, des essais, des polars (j’en fais même partie), je ne peux pas parler de contemporains, il s’agit d’une époque, pas d’un genre 😉 Sur booktube également, Margaud en a présenté, Tartinne, Clélia…

    1. C’est vrai… Après je trouve qu’il y a moins de variété sur Booktube que sur la blogo. Effectivement, Margaud ou Clélia lisent d’autres choses (et c’est aussi pour cela que j’adore leurs chaînes), mais ce n’est pas nécessairement une majorité !

  4. Parfaitement d’accord avec toi ! C’est comme ceux qui prétendent que la littérature jeunesse n’est écrite que pour les enfants..
    Je suis également passée par une classe préparatoire littéraire et ce n’est pas forcément les « grands classiques » que j’ai lus pendant ces deux années, ou même ceux que j’ai lus à côté par moi-même, qui m’ont le plus appris..

  5. Salut, je suis tout à fait d’accord avec toi 🙂
    Honnêtement, je n’ai presque pas lu de classique, sauf peut-être des Camus et des Sartre pour l’école…Ce n’est absolument pas mon truc (Même si je me suis promis d’en lire quelques-uns 🙂 Mais est-ce pour autant que je suis un mauvais lecteur, un mauvais littéraire? Je ne pense pas 🙂
    Chacun ses sensibilité les amis…

    1. Je ne pense pas. Après, faire l’impasse sur les classiques me semble inenvisageable, tellement il y en a – on est OBLIGE de trouver son bonheur, mais la plupart des gens n’ont même pas la volonté de chercher, et c’est ce qui m’agace.

  6. Après avoir vu le statut de Margaud sur Facebook, je voulais aussi réagir. Là je crois que tout a été dis, j’arrive après la guerre!
    Mais difficile ambition que de faire changer un avis déjà bien tranché… Que l’on soit dans un camp comme dans l’autre d’ailleurs.

  7. Ah ça l’éternel débat…
    Je n’aime pas du tout le terme de « fausse littérature », parce que cela n’existe pas…après pour moi, il y a de la bonne ou de la « moins bonne » on va dire et je pense que c’est dû à mon passage en prépa et à mon métier de bibliothécaire où je vois passer…beaucoup de livres et de tous genres. En gros, pour moi, cela équivaut à plus ou moins bien écrit.

    Mais je pense que le plus important est de savoir ce qu’on attend de la littérature. On veut s’instruire? Vive les documentaires, les biographies… On veut du suspense? Vive le genre policier. On veut se distraire et passer un bon moment? Etc…Le principal est que chacun s’y retrouve. Et c’est ce que j’adore dans mon métier, c’est cette nécessité à pouvoir conseiller aussi bien des BD que des romans terroirs ou des essais.

    Après, on a des genres de prédilection et des genres qu’on aime pas. Je n’aime pas les policiers ou la chick-litt, mais ce n’est pas pour cela que je vais aller juger les personnes qui les lise. Et il n’est pas dit que je ne changerais jamais d’avis.

    Quand à la littérature jeunesse, je déteste quand on met tout dans le même panier. Vu que je m’occupe principalement de cela, je sais que la littérature jeunesse, c’est comme la littérature adulte : il y a de la SF, du fantastique, du contemporain, de la romance, de l’historique…Ce n’est pas un genre, c’est une littérature qui regroupe plusieurs genres.

    L’intérêt d’autant de genres est de pouvoir passer de l’un à l’autre au grès de nos envies et c’est ça qui est génial!

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