Changer l’eau des fleurs – Valérie Perrin

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Changer l’eau des fleurs ; en voilà un titre qui annonce un peu le printemps (et le ménage qui va avec) ! Il y a deux ans, je découvrais Les Oubliés du Dimanche, premier roman de Valérie Perrin. Ce fut un énorme coup de cœur et l’une de mes plus belles lectures de l’année. Quand j’ai su que les éditions Albin Michel publiaient son deuxième roman, je n’ai pas pu attendre pour le découvrir. Et quel bonheur !

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Violette Toussaint est garde-cimetière dans une petite ville de Bourgogne. Les gens de passage et les habitués viennent se réchauffer dans sa loge où rires et larmes se mélangent au café qu’elle leur offre. Son quotidien est rythmé par leurs confidences. Un jour, parce qu’un homme et une femme ont décidé de reposer ensemble dans son carré de terre, tout bascule. Des liens qui unissent vivants et morts sont exhumés, et certaines âmes que l’on croyait noires, se révèlent lumineuses.
Après l’émotion et le succès des Oubliés du dimanche, Valérie Perrin nous fait partager l’histoire intense d’une femme qui, malgré les épreuves, croit obstinément au bonheur. Avec ce talent si rare de rendre l’ordinaire exceptionnel, Valérie Perrin crée autour de cette fée du quotidien un monde plein de poésie et d’humanité.

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Il y a ces romans que l’on ne fait pas attendre et qui se savourent comme jamais. Changer l’eau des fleurs de Valérie Perrin en fait partie. C’est typiquement le roman pour lequel j’ai décidé de tout mettre en plan, et de ranger toutes mes autres lectures en cours, tout en sachant que les reprendre après coup serait plus compliqué. De ce point de vue là, je ne m’étais pas trompée. Après, tout me semblait bien fadasse.

Après avoir arpenté les couloirs d’une maison de retraite et écouté les histoires des p’tits vieux qui sentent la lavande et l’eau de Cologne, ce nouveau roman emmène son lecteur faire un tour… au cimetière. Cadre encore plutôt original pour un roman qui met tant de baume au cœur… Mais on comprend vite pourquoi. Valérie Perrin a un talent sans pareil pour raconter les histoires de personnages simples, qui n’ont rien de reluisant ou d’enviable à certains égards, mais auxquels on s’attache forcément instantanément.

Violette Toussaint est garde-cimetière. Avec un nom pareil, ça ne s’invente pas. C’est une femme joviale qui met plein de couleurs dans un quotidien un peu morose. Elle porte des robes rouges sous son pardessus noir qu’elle met pour déambuler dans les allées du cimetière, fleurit les tombes de ceux qui n’ont plus de famille pour venir s’y recueillir, et nourrit les chats qui squattent souvent par-là. Elle consigne les détails de tous les enterrements dans un grand cahier, au cas où des proches qui n’auraient pas pu venir lui demandent comment la cérémonie s’est déroulée. C’est une femme simple et touchante qui a pourtant mille histoires à raconter.

« Mon métier consiste à être discrète, aimer le contact, ne pas avoir de compassion. Ne pas avoir de compassion pour une femme comme moi, ce serait comme être astronaute, chirurgienne, vulcanologue ou généticienne. Ça ne fait pas partie de ma planète, ni de mes compétences. Mais je ne pleure jamais devant un visiteur. Cela m’arrive avant ou après un enterrement, jamais pendant. »

Changer l’eau des fleurs est l’histoire d’une naissance, d’une renaissance même. Comme un roman feel-good, mais avec quelque chose en plus. Un univers moins caricatural peut-être ; car Valérie Perrin nous dépeint toujours des personnages et des situations pleines de justesse.

Comme avec Les Oubliés du Dimanche, j’ai ri en lisant Changer l’eau des fleurs. C’est un livre bourré d’humour, quitte à donner la larme à l’œil deux pages plus loin. Valérie Perrin entrecoupe son récit de flashbacks dans la vie de Violette, et plusieurs histoires finissent pas se mêler. Incapable de lâcher le livre, j’ai complètement adhéré à l’histoire de ces personnages, et il fut très dur de les quitter.

« Et puis, il y a notre curé, Cédric Duras. Dieu a du goût, à défaut d’être toujours juste. Depuis que le père Cédric est arrivé, il paraît que beaucoup de femmes ont été frappées par la révélation divine dans la région. Il y aurait de plus en plus de croyantes sur les bancs de l’église le dimanche matin. »

Changer l’eau des fleurs de Valérie Perrin est comme Les Oubliés du Dimanche une lecture coup de cœur, qui m’a vraiment remonté le moral pendant ces dernières semaines pluvieuses. C’est un roman touchant et addictif, que l’on lit à une vitesse folle et qui nous donne forcément le sourire. Plus qu’un simple feel-good book, c’est un roman contemporain bien écrit aux personnages hauts en couleurs. Un pur bonheur de lecture !

Changer l'eau des fleurs - Valérie Perrin

Changer l’eau des fleurs ; Valérie Perrin

Albin Michel

28 février 2018

460 pages

12 commentaires sur “Changer l’eau des fleurs – Valérie Perrin

  1. Valérie Perrin <3 Une auteure que j'aime énormément depuis ma découverte des Oubliés du dimanche. Elle a, à nouveau, livré un récit empreint de beaucoup d'émotions et d'une richesse incroyable. Ce que j'aime aussi énormément, c'est qu'elle prend son temps pour nous écrire de belles histoires.

    1. Tout à fait !
      En tout cas je vois que pour beaucoup de gens c’est un plaisir de la retrouver avec ce nouveau roman. Chose que je comprends tout à fait !

    2. Tout à fait !
      En tout cas je vois que pour beaucoup de gens c’est un plaisir de la retrouver avec ce nouveau roman. Chose que je comprends très bien !

  2. Je vais lire daredare « Changer l’eau des fleurs » – par ce que -1) j’ai un grand sens de l’humour -2) dans mon petit village d’une centaine d’habitants les deux cimetières sont l’enjeu de compétition de fleurissement des tombes, mais aussi de malveillances, de persécutions et de dénigrements. Ce livre sera l’occasion de m’amuser. Je l’offrirai peut-être à certains par défi moi la veuve à qui on envoie des courriers le 13 février à propos de la sépulture à perpétuité de mon mari. Je vais bien rire lala….

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