Sous les branches de l’udala – Chinelo Okparanta

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On m’a vanté le Sous les branches de l’udala de Chinelo Okparanta aux éditions Belfond comme un roman formidable et nécessaire, non sans rappeler ceux de Chimamanda Ngozi Adichie. De cette auteure, je n’avais lu que Nous sommes tous des féministes. Cela ne m’a pas empêchée de vouloir découvrir cette nouvelle voix africaine qui m’a beaucoup touchée.

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Ijeoma a onze ans lorsque la guerre civile éclate au cœur de la jeune république du Nigeria. Son père est mort et sa mère, aussi abattue qu’impuissante, lui demande de partir quelques temps et d’aller vivre à Nweni, un village voisin. Hébergée par un professeur de grammaire et son épouse, Ijeoma rencontre Amina, une jeune orpheline. Et les fillettes tombent amoureuses. Tout simplement. Mais au Biafra, dans les années 1970, l’homosexualité est un crime. Commence alors le long et douloureux combat d’Ijeoma pour réussir à vivre ses désirs et, surtout, à comprendre qui elle est : il y aura la haine de soi, les efforts pour faire ce que l’on attend d’elle, et, enfin, la puissance des sentiments, envers et contre tous…

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Sous les branches de l’udala de Chinelo Okparanta est un roman sur une histoire d’amour impossible dans un pays où la guerre et les traditions dictent leurs lois. Au Nigeria, Ijeoma est une jeune fille qui a grandi avec la guerre. Elle a vu son père mourir et sa mère a décidé de la confier à un professeur où elle devient domestique en attendant de pouvoir trouver un endroit sûr pour elles deux. Le pays est en proie à la famine et Ijeoma n’est pas en mesure de discuter. Chez son professeur, elle fait la connaissance d’Amina. La jeune fille a treize ans, comme elle, et elles s’entendent à merveille. Elles apprennent à se découvrir et à découvrir leurs corps ; sans même réellement le comprendre, elles tombent amoureuses. Mais alors qu’elles sont découvertes, elles comprennent que c’est interdit, car Dieu l’a dit. Dès lors, Ijeoma essaie de vivre tout en essayant de renier celle qu’elle est vraiment, sans jamais tout à fait réussir à oublier Amina. Malheureusement, dans une société réglée par la religion et le poids des traditions, il lui est impossible d’être elle-même.

Ce roman assez sombre nous rappelle plus que jamais combien la liberté d’aimer qui on veut peu importe son genre n’est pas acquise partout, même aujourd’hui. Le lecteur ne peut qu’être révolté face aux injustices successives qu’Ijeoma subit et atterré par le sort réservé aux homosexuels ou « traites à leur genre » dans le livre. L’auteur souligne avec beaucoup de justesse le tiraillement des personnages entre leur volonté de ne pas déshonorer leur famille et leurs réelles aspirations.

Sous les branches de l’udala de Chinelo Okparanta est un roman fort de cette rentrée littéraire, porté par une jeune voix nigériane qui gagnerait à être plus entendue. Bonne nouvelle : l’auteur sera présente en France à l’occasion du Festival America !

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Sous les branches de l’udala ; Chinelo Okparanta

Editions Belfond

23 août 2018

366 pages

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